Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

Seite: 250
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1899bd1/0290
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
250 NOUVELLES FOUILLES D'ABYBOS

des divisions intestines, à des invasions territoriales, c'est très pos-
sible; mais, si ces divisions, ces querelles, ces invasions ont pu empê-
cher leur sépulture près de Memphis, elles ont dû l'empêcher aussi
bien à Abydos, située à plus de 400 kilomètres au sud. De plus, il serait
inconcevable que ces rois non originaires d'Abvdos, enterrés à Abydos
pour éviter les profanations dont leurs cadavres eussent pu être assaillis
à Memphis, eussent été vénérés pendant de longs siècles par les habi-
tants de la ville sainte d'Osiris; qu'à toutes les périodes de l'histoire
égyptienne les sujets et les princes régnants aient tenu à gloire d'offrir
les objets les plus divers aux Ancêtres qui avaient été enterrés à Abv-
dos, que Ramsès II notamment se soit vanté, dans la grande inscription
dédicatoire du temple que son père avait élevé en son honneur dans la
nécropole d'Abvdos, d'avoir fait restaurer le tombeau des Ancêtres. Et
ici je prie le lecteur de se rappeller toute la série des objets dont j'ai
parlé au cours du chapitre précédent, ces millions de vases qui consli-
tuaient les buttes qu'il m'a fallu explorer, le culte persistant des habi-
tants modernes d'Abvdos qui vont encore chercher des vases où leurs
ancêtres allaient en porter, et tous ceux qui auront pesé ces raisons con-
viendront, j'espère, que l'on n'eût pas rendu lant d'honneurs, de si magni-
fiques et de si perpétuels, à des rois dont l'histoire n'a pas conservé le
nom, que l'historien national lui-même semble n'avoir pas pris la peine
de faire connaître, estimant sans doute qu'ils avaient peu d'impor-
tance, qu'e ux et leur époque devaient être voués à l'oubli, soit à cause
de leur peu d'éclat, soit à cause des troubles qui avaient eu lieu à leur
occasion ; car pourquoi les abrévialeurs de Manéthon n'auraient-ils
compté <pie la somme des années et des rois de ces deux dynasties, alors
que pour toutes les autres ils ont soigneusement donné les noms des
rois les plus obscurs, sinon que Manéthon lui-même leur en avait donné
l'exemple, pour les raisons que je viens de dire ou pour d'autres à lui
connues ?En admettant même qu'il faille faire retomber cette omission
sur les abréviateurs, il n'est personne qui ne voie que les deux dvnas-
lies dont il s'agit doivent être écartées de nos recherches, c'est-à-dire
la VIIe et la VIIIe. Sous la VIe dynastie. Abydos était prospère, on y fai-
loading ...