Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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256 NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

en vérité et je ne le regrette (|iie fort médiocrement, car ces détails ne
m'intéressent guère ; j'ai, au contraire ce qui m'intéresse le plus, à savoir
des objets échappés aux,ruines des hommes, plus encore qu'à celles du
temps, et ces objets me parlent de l'industrie, de l'art de cette époque
lointaine, me peignent mieux la civilisation des hommes gouvernés par
les rois que n'auraient su le faire les textes les plus précis.

Mais les monuments que j'ai mis au jour et que j'ai recueillis peuvent
encore nous apprendre autre chose. Sur des fragments de vases en
albâtre, en onyx ou en d'autres pierres dures, j'ai trouvé des hiéro-
glyphes assez faciles à lire, des hiéroglyphes tracés à la pointe, a dit
M. Maspero, — cela se peut, cela est évidemment vrai pour quelques-
uns, mais qu'est-ce que cela peut faire à la question que je traite? ce
serait plutôt favorable que défavorable à l'hypothèse que je soutiens.
Sur cesfragmentsqu'on trouverareproduitsauxplanches VIII elXXXYI I,
j'ai lu certains titres qui montrent qu'à cette époque presque tout le pro-
tocole des pharaons égyptiens était déjà connu et employé. Ces titres

sont , c'est-à-dire : Vautour du sud, Uroeus du nord, Roi du

sud et Roi du nord. Il va sans dire que le titre d'Epervier était employé
couramment. Voilà donc une preuve matérielle indéniable que la Haute
et la Basse Egypte étaient réunies sous une même domination à l'épo-
que de ces Pharaons; voilà donc une preuve que le mythe d'Osiris
était déjà connu et que le roi était déjà identifié avec le fils d'Osiris,
Horus, et que ce temps n'était pas le plus ancien que l'on connût, puis-
que le pharaon avait réuni en sa propre personnne les quatre signes
svmboliques dont chacun avait été particulier autrefois à telle ou telle
tribu habitant le sud ou le nord de la vallée du .Nil. Or, quand le double
royal inscrit dans le rectangle est appelé de ces quatre noms, plus du
nom divin de Hor, quand on a, dis-je, une phrase ainsi conçue; « La
demeure du double royal de l'Epervier un tel, vautour du Sud, (Jrœufl
du Nord, roi du Sud et roi du Nord, » ne semble-l-il pas résulter de cette
petite inscription que le rectangle aurait bien pu contenir le nom du
personnage tel qu'il l'avait porté de son vivant, au lieu de ne contenir
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