Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'.USYDOS ■i'sa

çonnait l'existence, lesquels monuments étaient ensevelis dans le sable
clans les quatre tombeaux dont il s'agit, il est bien à croire que si j'avais
trouvé d'autres tombes royales j'aurais également trouvé leurs noms
incrils sur des stèles, puisque j'ai rencontré quarante-cinq stèles de
particuliers qui n'avaient, d'après le peu que nous en savons, aucun droit
à la stèle supérieur à celui des autres rois. Si je n'en ai pas trouvé,
c'est que les autres tombes royales n'existaient pas sans doute. Et
ici je ne parle pas des tombes royales de la 1" dynastie, mais des
tombes royales antérieures à la Ir0 dynastie. Or, de ces quatre frag-
ments dont il vient d'être question, deux ont été trouvés à la sur-
face de la tombe du roi Qâ, les deux derniers et les deux autres dans la
tombe du roi Serpent. J'en ai de même retrouvé d'autres, et en particu-
lier un de ceux que j'avais trouvés la première année, dans la tombe que
je crois être celle de Set et de Horus. Or que faisaient ces fragments en
cet endroit? Ils témoignaient avoir fait partie de vases intacts sur les-
quels avaient été gravés les noms des pharaons, dont l'un tout au moins
appartenait ù la Ire dynastie où il occupait le sixième rang, et dont
faisaient aussi vraisemblablement partie deux autres. Pourquoi ces rois
avaient-ils fait graver leurs noms sur des vases déposés en des tombes
qui ne leur appartenaient pas? car la présence de deux noms sur un
même fragment prouve à elle seule qu'il ne s'agissait pas de sépulture,
puisque jamais encore on n'a trouvé deux rois enterrés dans le même
monument. La réponse à cette question est bien simple : ces trois rois
avaient fait un acte du culte funéraire à quelques-uns de leurs prédéces-
seurs. Qu'on le veuille ou non, le culte des Ancêtres a été la religion de
l'Égvpte comme il l'est encore de la Chine : ce culte explique une quan-
tité de faits que nous ont conservés les monuments et qui ne sont pas
explicables autrement; ne pas l'admettre, c'est fermer les yeux à la
lumière et méconnaître la vie intime du peuple égyptien à toutes les
époques de son histoire. Si donc ces rois ont rendu le culte funéraire à
leurs ancêtres, c'est de toute nécessité qu'ils sont venus après eux : or,
comme l'un d'eux occupe le sixième rang, et les autres peut-être le
cinquième et le septième dans la I" dynastie, il faut avouer ou que
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