Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 293

que c'est de Mènes qu'il s'agit1. Cependant je dois dire pour être juste
que j'ai entendu d'autre part affirmer qu'il n'avait pas soutenu l'identi-
fication du tombeau de Neggadeh avec celui de Menés, de sorte que je
ne sais pas trop à quoi m'en tenir, puisque je n'ai pas lu le travail même
de M. Borchardt. Je le regrette.

Toutefois, en admettant la possibilité de cette lecture, on peut y faire
certaines objections. Le nom de Ménès, d'après la plaquette d'ivoire du
tombeau de Neggadeh, se réduirait au signe fait plus tard gjwj, tandis
que dans tous les autres monuments où ce nom a été rencontré, on L'a

écrit H dans la table d'Abydos, (jjj, dans le papyrus de Turin,

fj S\ dans un autre monument de Turin, f^ Q , d'après le Kunigs-
buch de Lepsius et simplement d'après une stèle provenant du

Sérapéum et dont le titulaire était prêtre de Nectanèbe 1er et des deux
premiers rois de la I" dynastie. Cette ortbographe insolite du nom
de Ménès est expliquée ainsi par E. de Hougé : « Dans le cartouche

de Ménès, l'écrivain a négligé de tracer le \ final, dont il avait néan-
moins réservé la place 1 », si bien que ce seul exemple témoigne lui-
même de l'orthographe constante de ce nom dans les œuvres des scribes
égyptiens: il fallait donc un second signe après le signe m accompagné
de son complément «w« pour écrire le nom de Ménès. Ce signe est di-
vers, sans doute, mais il existe toujours, et j'ajoute qu'il devait faire
partie essentielle du nom qui était sans doute composé, car la lettre
qui le représente est restée attachée à ce nom dans la transcription
copte aihu*.. Donc, si dans l'orthographe de ce nom réduite au simple
syilabique t^> on peut comprendre l'absence du signe complémentaire
ftAfN, il est beaucoup plus difficile d'expliquer l'absence de la seconde

partie du mot, celle qui est représentée soit par \ , soit par ^| ^ , soit

pM , soit simplement par j). De plus le signe que M. Boivbardt a

(1) Revue critique, 13 décembre 1897, p. 4'iO.

(2) B de Rougé, Recherches sur les monuments qu'on peut attribuer aux six premières
dynasties de Mancttwn, p. 31.
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