Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES l'OULLES D'AHVDOS lyD

d'Om el-Ga'ab des monuments gravés au nom de ce même roi que j'ad-
mets être Ménès et des bouchons de terre estampillés à son nom; or, je
le demande, comment pouvaient-ils se trouver à Om el-Ga'ab, si les
tombes d'Om el-Ga'ab ne renfermaient que les rois de la Ire dynastie?
Comme précisément Ménès ouvre la Irc dynastie, comment a-t-il pu
déposer dans les tombes d'Om el-Ga'ab des monuments portant son
nom, car, à supposer même que les monuments ne soient pas con-
temporains de Ménès et qu'ils aient été gravés plus tard en son nom,
comment les Egyptiens auraient-ils pu être amenés à faire ce faux
véritable qui ne leur aurait absolument été d'aucune utilité? Quand on
réfléchit aux mœurs des antiques générations humaines, aux raisons de
ces mœurs et à la simplicité des mobiles qui dirigeaient alors les actes
des hommes, on s'aperçoit bien vite qu'une semblable conduite était im-
possible, qu'on ne pouvait pas se rire ainsi de la réalité dans l'exercice
du culte le plus cher au cœur de l'homme. D'ailleurs si l'on voulait admet-
tre cette supercherie pour les tombeaux d'Om el-Ga'ab, on serait aussi
forcé de l'admettre pour les autres tombes et il n'y aurait plus de certi-
tude possible dans les preuves du témoignage humain considérées jus-
qu'ici comme les plus indiscutables. On est donc conduit à croire que,
si le nom de Ménès se trouve sur les monuments trouvés dans les tom-
bes d'Om el-Ga'ab, c'est que le personnage de Ménès lui-même a déposé
les objets dont il est question dans les tombeaux dont il s'agit. Or, rien
ne saurait mieux prouver que les personnages royaux que j'ai trouvés à
Om el-Ga'ab sont antérieurs à Ménès, puisqu'encore une fois ce n'est
pas l'habitude que les gens disparus de la terre puissent rendre un culte
funéraire à ceux qui sont venus après eux dans la vie. Je ne vois pas le
moyen d'échapper à ce raisonnement ni à l'obligation d'admettre que
j'ai bien rencontré en Abydos ces mânes dont parle Manéthon. Et c'est
tout ce que je voulais prouver.

D'ailleurs, si j'en crois les preuves qui m'en arrivent, bientôt mon opi-
nion sci a partagée par un grand nombre de savants : je ne veux citer ici
que l'une de ce9 conversions, parce qu'elle fait autant d'honneur à celui
qui a changé d'opinion, qu'aurait pu lui en faire sa théorie mal assise

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