Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

frou est donné avec un grand luxe de détails. La stèle de Snéfrou ne
contient pas ce qu'on appelle l'enseigne militaire consistant en un cha-
cal représenté sur une planchette debout devant une urauis et peut-
être une plume d'autruche retournée. L'inscription énumérant les
souhaits « de richesse, de stabilité, de vie, de santé, de toute joie éternel-
lement » ne se trouve pas sur la plaquette d'ivoire, comme au-dessous du
nom de « Snéfrou le Dieu grand ». Enfin le fait en l'honneur duquel on a
gravé ce petit bas-relief en l'honneur de Den n'est pas exprimé, s'il est
exprimé,— ce qui est encore douteux, malgré l'ingénieuse explication
donnée par M. Spiegelberg, — du même côté que sur la stèle de Snéfrou,
tandis que du côté où se trouve cette mention sur la stèle, la plaquette
d'ivoire contient trois signes qui attendent encore une explication. De
plus, entre la taille du roi et la figure de l'ennemi abattu sont aussi trois
autres signes non encore expliqués. Voilà pour les inscriptions. Si main-
tenant nous regardons les personnages, le prisonnier qui va être immolé
ne ressemble pas le moins du monde à celui que Snéfrou frappe, ni
comme disposition, ni comme geste, ni peut-être comme type. Comme
disposition, il a la figure tournée vers le roi, et non seulement la figure,
mais le corps tout entier; de la main droite, il saisit le mollet droit du
pharaon, et de la gauche il semble vouloir desserrer l'étreinte du roi. Le
pharaon lui-même est très bien proportionné, son geste est naturel, son
pagne et sa coiffure ne ressemblent aucunement à ceux de Snéfrou. Les
armes qu'il tient en ses mains sont aussi différentes, l'arc tenu en la
main gauche est rendu dans la tablette d'une tout autre manière que
dans la stèle et beaucoup plus naïvement, il me semble. Somme toute,
de la ressemblance qui devait exister entre les deux monuments il reste
seulement une scène de massacre dans les deux, et toutes les particu-
larités de détails sont différentes. Gomment donc serait-on autorisé à
conclure sur cette simple coïncidence que le premier doit être à peu
près de la même époque que le second? A l'heure qu'il est, personne ne
peut porter un pareil jugement. Ce qui saute aux yeux, c'est que la gra-
vure de la tablette d'ivoire est bien plus naïve que la gravure de la stèle,
que les formules hiéroglyphiques ne sont pas encore complètes et que
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