Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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,V INTRODUCTION

mes ouvriers : on m'a rebattu les oreilles de cette mauvaise raison et
quoi que j'aie dit pour m'en défendre, on n'a jamais voulu me croire : je
comprends maintenant pourquoi. M. Pétrie lui-même a écrit qu'il avait
acheté des objets provenant de mes fouilles au fils de mon /ris'. Je ferai
d'abord observer à M. Pétrie que je n'ai pas eu, les deux premières
années, de i-eis en titre, que je pouvais alors avoir pour reis le reis du
musée lui-même, Ouasef-Salîb. Quand, la seconde année, je ne pus
l'avoir parce que le musée fit faire des fouilles de trois semaines au
nord d'Abydos, j'employai l'un de ses frères, Gat-Salîb, un des plus
effrontés et des plus impudents Coptes que j'aie connus, et j'en connais
cependant beaucoup. Sous main, il fit alliance avec le mandoub que
l'administration m'avait envoyé cette année-là pour surveiller mes tra-
vaux, un ancien laveur de vaisselle d'une des brasseries du Caire,
évidemment très qualifié pour remplir ce poste. Tous les deux exci-
taient mes ouvriers à faire grève : je le savais et me tenais pour averti.
Aussi, je finis par renvoyer de mes chantiers Gat-Salîb et je n'ai jamais
plus voulu le reprendre, malgré ses supplications, ses promesses et
celles de hauts personnages de sa religion; comme lui seul a un fils en
âge de vendre maintenant des antiquités, c'est évidemment lui que
M. Pétrie a voulu désigner. Or, il y a bien d'autres moyens de se
procurer à Abydos des antiquités qu'on vend ensuite comme prove-
nant de mes fouilles. Je reconnais, et j'ai déjà reconnu, qu'on m'a
volé des antiquités importantes, la première année; peut-être l'a-t-on
fait encore la seconde année, mais la chose a dû être plus difficile. Cette
seconde année, comme les fouilles ont été complètement localisées
dans le tombeau dont il sera question au cours de cet ouvrage, que le
tombeau était divisé en petites chambres et que je ne faisais jamais
ouvrir qu'une chambre à la fois dans laquelle je ne conservais que
trois ouvriers, je pouvais les surveiller plus facilement et par consé-
quent il était difficile de me prendre des objets. Mais comment
empêcher gens devenus habiles, d'une habileté vraiment prodigieuse
dans le vol à force de le pratiquer? Ils ont donc pu me détourner
quelques objets, mais bien rares. D'ailleurs la difficulté était plus
grande par ce fait que presque tous les objets avaient été de propos
délibéré cassés et morcelés. Les fellahs que j'occupais ne se souciaient
pas de prendre des objets cassés, parce qu'ils ne pouvaient en avoir
le débit : les voyageurs n'ayant aucun souci de se charger de morceaux

1. Fl. Pétrie, The royal Tombs ofthe first dynasty, p. 18.
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