Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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INTRODUCTION vu

Cependant, vers la fin de cette campagne, on me vola quatre beaux
vases en onyx rubané, mais le vol n'eut pas lieu sur mes chantiers. Ce
fut dans ma propre maison qu'un des frères Salib enleva les quatre
vases, ce dont je m'aperçus le jour même. Je criai si fort, je fis des
menaces qui parurent si terribles, que le chef de la famille Ouasef-Salîb
racheta sur le champ au marchand qui les avait deux des vases et me
les remit : au fond ce n'était qu'un échange. Pour donner le change à
la police, que j'avais avertie, la famille Salib accusa des innocents,
paya des faux témoignages, fit condamnera six mois de travaux forcés-
quelqu'un qui avait consenti à se reconnaître coupable, et puis, dans le
courant de l'année, envoya un de ses membres et un faux témoin en
pèlerinage à Jérusalem, d'où les deux pèlerins rapportaient l'assu-
rance du pardon. Je n'invente rien : les choses se passèrent bien ainsi.
Peut-être a-t-on offert à M. Pelrie les deux autres vases qui ne m'ont
jamais été rendus : je n'en serais pas autrement étonné. Les habitudes
des Coptes et celles de la justice égyptienne font la paire. Elles
marchent côte à côte ou plutôt elles se complètent les unes les autres.
Je ne gagnai à ce triste procès que la tranquillité qui me fut désormais
assurée de ce côté-là. Les deux années suivantes, je tins toute la
famille Salîb éloignée de mes travaux et je fis choix d'un reis dont j'eus
tout le contentement que j'en pouvais raisonnablement espérer.

Et maintenant faut-il faire grand fond sur la solidité de la raison
mise en avant par mes adversaires et par M. Pétrie en dernier lieu?
Après les explications qui précèdent, poser la question n'est-ce pas la
résoudre? On m'a reproché aussi de ne pas être architecte, de ne pas
savoir relever un plan. Je ne suis pas architecte, la chose est indubi-
table; quant à savoir lever un plan, il est non moins indubitable que je
ne lèverais pas sans difficulté le plan de Saint-Paul de Londres ou de
Saint-Pierre de Rome, mais quant à savoir prendre les mesures des
tombes égyptiennes que j'ai découvertes, je crois que je l'ai pu faire
d'une manière aussi approximative qu'on le peut désirer. Le lecteur
pourra s'en laire une idée à la lecture de plusieurs chapitres de ce
volume. Mais je veux bien admettre un moment que je n'offre pas
toutes les garanties désirables'à ce sujet : mon successeur avait donc
complète obligation de faire autrement et mieux que moi. Plusieurs des
plans qu'il a republiés après moi sont l'œuvre de M"10 Pétrie. Je ne
voudrais aucunement être désagréable à M,no Pétrie; mais quelles
garanties offre-t elle en plus de celles que je n'offrais pas ? a-t-elle
passé par une école d'architecture? a-t-elle été hahituée à mesure* des
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