Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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x INTRODUCTION

premières armes ne l'est plus chez un archéologue qui a blanchi sous
le harnais. Ce que M. Pétrie ne regarde môme pas comme une pecca-
dille quand il s'agit de sa haute personne, il le juge un cas pendable
pour écraser un émule.

Mais il y a encore mieux. M. Pétrie a eu le triste courage d'écrire les
lignes suivantes : « Et ce qui est pire que tout le reste pour l'histoire,
s'est produite, pendant les quatre dernières années, la recherche
active de tout ce qui pouvait avoir une valeur aux yeux des acheteurs
ou être vendu avec profit sans égard pour l'origine de la trouvaille,
recherche au cours de laquelle tout ce qui n'était pas transporté était de
propos délibéré et cyniquement (avowedly) détruit en vue de produire
la hausse des bénéfices attendus par des spéculateurs européens1 ». Il
y a dans ces mots plus qu'une fausseté insigne, il y a une basse
calomnie. J'ai toujours apporté le plus grand soin à préserver tout ce
qui offrait la plus petite valeur historique, tombes et autres monuments
ou documents, nombre de fois j'ai empêché des destructions que je
jugeais stupides, j'avais toute liberté à cet égard, et si quelquefois on
s'est préoccupé de l'origine d'antiquités, c'est bien dans les fouilles
que j'ai conduites à Abydos, n'en déplaise à M. Pétrie. D'ailleurs quel
profit aurais-je eu à agir autrement? Aucun. M. Pétrie n'a pas vu en
écrivant les lignes perfides que je viens de citer, qu'il fournissait lui-
même matière à répondre péremptoirement, car si les objets qu'il
m'accuse d'avoir détruits avaient une valeur, comment aurais-je pu
être assez stupide pour les détruire afin de rehausser la valeur de ceux
que j'avais déjà recueillis, lorsque leur conservation aurait autrement
rempli le même rôle? De plus, pouvais-je imaginer qu'un jour M. Pétrie
en arriverait à caresser l'espoir que j'aurais été assez simple pour
laisser sur place des objets de valeur afin qu'il les pût ramasser? Si son
attente a été trompée sur ce point, à qui la faute? D'ailleurs, il est
resté assez d'objets enfouis dans la hâte des fouilles pour le contenter.
Et de plus, ici encore est-ce bien à lui d'accuser les autres d'avoir spé-
culé sur les antiquités égyptiennes? Toute l'Europe sait à quoi s'en
tenir à ce sujet, et je ne lui en fais pas non plus un crime, car je crois
juste que l'ouvrier vive de son travail. Au fond, M. Pétrie est dépité,
malgré le bruit qu'il a fait faire autour de son travail, de n'avoir ren-
contré que très peu d'objets de première importance. Croirait-il par

1. Fl. Pétrie, The royal tombs of the first dynasty. p. 2, col. 2.
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