Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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2 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

La dépression était tout à fait visible à l'œil nu, bien plus sensible
que ne l'était celle qui me conduisit l'année précédente à la découverte
du tombeau d'Aouapta. Je l'avais souvent examinée dans ma première
campagne et je m'étais promis de savoir ce qu'elle cachait, car il me
semblait certain qu'elle recouvrait un monument quelconque, sinon
plusieurs monuments; mais j'étais bien loin de soupçonner ce qu'elle
cachait réellement. Tout concourait dans mes observations de l'année
précédente à m'induire en erreur. La dépression était entourée dans
toute sa longueur et toute sa largeur de murailles de sable et de dé-
blais : au nord, à l'est et à l'ouest — j'expliquerai plus loin comment il
faut entendre ces termes — ces murailles avaient environ 2 mètres dans
leur plus grande hauteur; mais celles de l'est et de l'ouest allaient
en diminuant de hauteur à mesure qu'elles s'avançaient vers le sud, et
la muraille sud n'avait guère plus de 0m,40 ou 0m,50 au dessus du niveau
de la couche de sable qui avait comblé l'édifice ensablé. Du côté nord;
où se trouvait la plus grande hauteur, on voyait les lignes des murailles,
très accusées d'abord, aller en s'affaiblissant de plus en plus jusqu'à ce
qu'elles arrivassent à l'extrémité du tombeau; là, elles se relevaient un
peu, puis elles s'inclinaient doucement pour aller mourir à quelque
vingt mètres plus loin et se confondre avec le niveau de la plaine sa-
blonneuse et pierreuse qui, en cet endroit, précède la montagne pro-
prement dite, éloignée à l'ouest de 480 mètres et au sud de 934 mètres,
les mesures étant prises de l'extrémité sud de cette dépression. Sa
forme générale entourée de ses murailles était celle d'une ellipsoïde
dont les parties courbes nord et sud auraient été inégales, car l'inté-
rieur de la dépression mesurait plus de 40 mètres au nord, tandis
qu'elle n'avait plus que 28m,50 au sud. Le sable, qui, à l'intérieur de la
dépression, recouvrait l'édifice disparu dans les entrailles de la terre,
était parsemé de petits débris de vases en pierre dure et de quelques
éclats de syénite. Ce sont ces débris et ces éclats qui me donnèrent
l'idée de fouiller le sable pour savoir ce qu'il recouvrait.

Il semble, d'après ce qui précède, que la largeur de la dépression et
la hauteur des murailles de déblais qui l'enserraient dans toute sa Ion-
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