Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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8 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

sud qu'au nord, je fis ouvrir une tranchée d'environ 3 mètres de large.
Dans mon esprit la tranchée ainsi ouverte devait servir de passage à
mes ouvriers pour rejeter les décombres à retirer, et de fait elle aurait
pu servir si j'avais eu des surveillants plus intelligents, plus sérieux et
des ouvriers qui auraient pu juger plus loin que l'utilité présente.
Mais les surveillants laissèrent jeter quelques corbeilles trop près du
passage, les ouvriers s'amusèrent à qui mieux mieux à tromper les sur-
veillants, et avant la fin de la première journée il était si comble qu'il
n'eut plus aucune utilité pratique et que ma bonne volonté fut ainsi
annihilée. Pendant que surveillants et ouvriers agissaient de la sorte,
j'étais occupé au fond des chambres de l'édifice à noter les particula-
rités de la chambre, à prendre les mesures nécessaires et à surveiller
les ouvriers qui dégageaient la chambre. Cependant si mon dessein fut
de la sorte déjoué, je ne perdis pas toute ma peine. D'abord, il n'y avait
pas de tombeau sous cette partie du remblai, ni dans tous les endroits
où je l'explorai, car la suite des opérations me fit souvent par nécessité
examiner la nature du terrain environnant, et toujours je trouvai ce
que les indigènes appellent la montagne, J^, c'est-à-dire ici le sable
de grès consistant que Mariette avait nommé mollasse. De plus,
parmi les décombres de calcaire et de sable qui avaient été retirés
de l'énorme fosse nécessitée par le creusement préliminaire et la cons-
truction de l'édifice, je trouvai le col d'un vase en métal avec une anse
mobile. Cette découverte me remplit momentanément d'étonnement et
d'inquiétude : je savais déjà par la position de ce tombeau et par mes
fouilles de l'année précédente que je fouillais un terrain où les hommes
appartenaient à ce que j'avais cru et croyais toujours une époque pré-
historique, et voilà que je trouvais un col de vase en métal muni d'une
anse mobile, tournant dans deux petites oreilles! Mais je me dis
qu'après tout ce fragment de vase pouvait provenir d'ailleurs ou bien
encore que le vase avait peut-être été offert par un descendant du pro-
priétaire enterré dans ce tombeau, et je n'y pensai plus. Je devais avoir
la solution, de la question, une solution que je n'espérais point, par la
suite de mes fouilles.
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