Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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20 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

dans la couche supérieure de sable que je dus explorer avant de parve-
nir aux murs du tombeau, mais encore un très grand nombre de vases
complets et intacts en onyx albâtreux et en calcaire. Ce furent même
les premiers objets que je rencontrai aux premiers jours de mes tra-
vaux, le 14 et le 15 décembre 1896. Ces vases étaient à peine polis et
faisaient foi d'un travail très grossier : ce n'est pas ici le lieu de les dé-
crire et de les juger et le lecteur trouvera plus loin les pages qui leur
sont consacrées, mais je dois dire quelles furent les circonstances dans
lesquelles on les rencontra et à quel nombre ils s'élevèrent. J'ai noté
près de 500 trouvailles de ce genre sur mon journal; il faut ajouter
en plus autant d'unités qui furent brisées ou laissées sur les lieux,
enfouies dans les décombres qu'on rejetait, car je les trouvais en si
grande abondance que ceux qui se pouvaient présenter intacts à mes
yeux trouvaient grâce, les autres étant impitoyablement rejetés et
brisés. La plupart d'entre eux, et cela dans une très forte proportion
ont été trouvés dans la couche supérieure; mais quelques-uns aussi
ont été trouvés au fond des chambres de la première partie. Je ne dois
pas oublier qu'une quarantaine environ furent rencontrés presque à
fleur de sable par un de mes hommes — c'était mon ânier, un des rares
Coptes auxquels je pouvais avoir confiance, car je le payais bien — qui
faisait sa tournée pour examiner si, en déversant leurs corbeilles, les
porteurs n'avaient pas rejeté quelques fragments inaperçus par eux et
par ceux qui remplissaient les couffes, inspection que je faisais renou-
veler une dizaine de fois par jour. En revenant de l'une de ces inspec-
tions, il arrêta ses yeux de lynx en avant de l'endroit où l'on avait com-
mencé la tranchée au nord, tout au haut de la colline de sable formée
par les fouilles, par conséquent en dehors du champ de travail et
d'exploration; il vit que le sable en coulant peu à peu de haut en bas
avait mis à découvert un vase dont on apercevait un côté. Il le recueil-
lit et la curiosité lui venant de savoir s'il n'y en aurait pas d'autres, il
élargit le lit de sable et mit les autres à découvert dans un rayon d'à
peu près un mètre. Tous ces vases étaient intacts et ils n'étaient pas
recouverts par le sable à plus de 0m,10. Il les apporta en me racontant
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