Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

tombes environnant celle d'Osiris, j'aurai toute occasion d'entrer dans
la question, puisque j'aurai à parler de petits monuments qui entrent
dans le sujet. Tout ce que je puis faire ici, c'est de dire que rien dans
mes découvertes de l'hiver 1896-1897, quoi qu'on en ait dit, n'a apporté
quoi que ce fût en faveur de la thèse de l'origine chaldéenne des pre-
miers conquérants égyptiens.

Qu'on me permette de citer ici le texte même des paroles de M. de
Morgan, et cela tout au long, afin qu'on ne m'accuse pas de lutter contre
des moulins à vent : « Dans la nécropole d'Abydos, dit M. de Morgan,
M. Amélineau avait déjà rencontré des sépultures très anciennes dé-
vastées par le feu et il attribuait les incendies aux spoliateurs coptes
qui, au début du christianisme, poussés par le fanatisme, dévastèrent
les monuments païens. Cette opinion, je la partageais alors avec
M. Amélineau, m'en rapportant à ses observations, et je crus que le
monument de Négadah avait été détruit dans les mêmes conditions que
ceux d'Om el-Ga'ab.

« Dès que les fouilles furent commencées, je revins de suite sur cette
manière de voir, car longtemps après la destruction du monument cette
butte avait été employée comme nécropole et, à la surface, au milieu
des débris calcinés, j'ai rencontré un grand nombre de sépultures re-
montant à l'époque romaine, grecque, et aussi jusqu'à celle des Rames-
sides. Quelques-uns de ces tombeaux renfermaient des cercueils de
bois couverts de peintures, contemporains de ceux des prêtres d'Amon
découverts à Deir el-Bahari alors que M. Grébaut était directeur gé-
néral des antiquités d'Egypte.

« M. et Mm0 Wiedemann ont fouillé, de leurs mains, plusieurs de ces
sépultures qui, creusées jadis dans les flancs de la butte, étaient pla-
cées au milieu des détails d'architecture primitive, les coupant et les
détruisant en partie. Il n'est donc pas douteux que l'incendie ait été
allumé antérieurement aux débuts du Nouvel Empire.

« Parfois, dans les débris de la surface, j'ai rencontré des squelettes
ne portant aucune trace de calcination, accompagnés de vases et de
menus objets appartenant au Nouvel Empire. Ces tombes se trouvaient
disséminées sans ordre au-dessus des murs et des chambres du monu-
ment et me prouvèrent d'une façon absolue que les ruines étaient res-
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