Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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tées vierges, depuis le commencement du Nouvel Empire tout au
moins. Je devais donc écarter d'une manière complète l'opinion dans
laquelle je me trouvais au début et qui attribuait aux premiers chré-
tiens la destruction de tous ces monuments.

« La suite des fouilles me montra jusqu'à l'évidence que, non seule-
ment l'incendie du monument ne pouvait dater de la basse époque,
mais qu'il avait été allumé dans la très haute antiquité, au moment de
la mort du personnage pour lequel cette construction avait été élevée.

« Le fond des salles était encombré de vases d'argile et de pierres, de
débris et d'objets de toute sorte, gisant pour la plupart au milieu des
cendres dans une position très régulière montrant que rien n'avait été
dérangé dans la sépulture avant que le feu n'y fût mis. La figure 515,
reproduisant un croquis que j'ai fait sur le terrain, pendant les fouilles,
montre l'arrangement dans la salle B du tombeau (fig. 518) des jarres
de terre cuite qui renfermaient les offrandes. Ces vases eussent bien
certainement été brisés et rejetés en désordre dans le tombeau si des
spoliateurs étaient venus piller avant l'incendie. Il en serait de même
pour bon nombre d'objets qui, eux aussi, ont été trouvés à leur place
primitive. Nous devons donc exclure toute idée de spoliation.

« Je dois faire observer cependant que, dans bien des cas, j'ai re-
trouvé dans des salles différentes des fragments de vases de pierre ap-
partenant au même objet. Il semblerait que ces vases eussent été brisés
lors de l'ensevelissement du roi, afin qu'ils fussent détruits avec leur
maître, et que les débris en furent jetés dans les chambres funéraires,
au hasard et par dessus les offrandes qui avaient accompagné le mort
dans la tombe.

« Cette coutume de briser les objets dont le mort avait fait emploi
durant sa vie se retrouve plus tard dans l'usage de figurer les hiéro-
glyphes en retranchant des parties à la vie des animaux qu'ils représen-
taient. C'est ainsi que dans la sépulture du roi Hor-Râ-Fouab et dans
celle de la princesse Noub-hotep, toutes deux de la XIIe dynastie, les
oiseaux, les serpents etc., qui figurent sur les inscriptions, sont pri-
vés de leur tète.

■ « En dehors de l'Egypte, nous rencontrons encore cette coutume
chez un grand nombre de peuples primitifs. Les tombeaux des âges du
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