Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

table de l'autre monde et cela en plus grande quantité qu'il n'en eut
jamais sur terre; de même les grands seigneurs se voient au milieu de
leurs occupations journalières et se livrent aux mêmes occupations au
pays des Doubles ou des Ames, autant que cela était possible, et afin
qu'on ne pût pas se méprendre sur la qualité et l'identité de leur per-
sonne, leurs noms et titres étaient gravés sur les parois de la tombe ou
du sarcophage. On leur donnait après la mort autant que possible les
mêmes ustensiles qu'ils avaient eus entre mains pendant la vie, et c'est
pourquoi Ton a trouvé dans un grand nombre de tombes de toutes les
époques tant d'objets ayant manifestement servi aux usages journaliers.
On ne les détruisait donc pas; tout au contraire on avait un intérêt
capital à ce qu'ils fussent intacts. Aussi cette particularité explique-
t-elle parfaitement qu'on ait trouvé des objets intacts qui avaient
été réparés antérieurement à leur dépôt dans la tombe, comme j'en
ai trouvé dans ma première année de fouilles et comme je l'ai fait
remarquer dans le premier volume de ce rapport. Pourquoi aurait-on
pris soin de raccommoder des vases et de les déposer dans la tombe,
si les objets eussent dû être détruits? On ne trouvera jamais de réponse
satisfaisante à ce fait. Je sais bien que M. de Morgan dit que les
tombes néolithiques ne contiennent que des objets entiers et qu'aucun
ustensile n'était brisé lors de la mise du corps au tombeau; mais si
je vois bien qu'il le dit, je ne vois pas qu'il ait droit de le dire. Tout
d'abord aucun fait n'est venu corroborer la division qu'il a cru pou-
voir faire entre les tombes préhistoriques et celles qu'il appelle néoli-
thiques, indigènes et égyptiennes : si par indigènes, il entend des
tombes précédant l'époque d'Osiris, il n'en a .pas rencontré une seule
qui remonte sûrement à cette haute époque et qui présente des carac-
tères nettement distinctifs; si par égyptiennes, il entend des tombes
remontant à l'époque de la conquête, laquelle serait l'époque même
d'Osiris, les faits lui donnent le démenti le plus cruel, car j'ai rencontré à
l'époque même d'Osiris, et ce volume en contiendra un exemple remar-
quable entre tous, les vases intacts mélangés aux vases brisés, les uns
et les autres en quantité plus grande que tout ce que l'on a trouvé
jusqu'ici. Que faut-il donc conclure de tout cela, si ce n'est que
M. de Morgan a écrit des phrases qui n'ont aucun soutien, qu'il a con-
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