Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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fondu des ^aits ensemble, que tout entier à son système il s'est d'abord
persuadé que ce système était réel, et qu'alors il y a fait des allusions
et des applications qui ne peuvent pas résister à un sérieux examen?
Tout d'abord il a eu tort d'appliquer à Abydos ce qu'il avait cru
reconnaître à Neggadeh, et ce qu'il a cru reconnaître à Neggadeh,
d'après ses observations personnelles et ses propres paroles, a été
par lui expliqué tendancieusement sans tenir aucun compte des faits
similaires trouvés en Egypte, et qu'il aurait fallu examiner d'abord,
avant d'aller chercher au loin des exemples plus ou moins sem-
blables. Je le répète en finissant, cette critique m'a semblé nécessaire
scientifiquement; c'est parce que je ne veux pas, et ne peux vouloir
que mes lecteurs et ceux de M. de Morgan croient que les fouilles
d'Abydos aient livré quelques raisons de soutenir les systèmes de l'an-
cien Directeur général du service des antiquités en Egypte, que j'ai
parlé. Quiconque chercherait une autre raison à ma conduite, serait
complètement dans Terreur. M. de Morgan est un homme d'une activité
merveilleuse, qui abat beaucoup de besogne en peu de temps, un orga-
nisateur de mérite, toutes qualités qui ont leur valeur dans la vie ordi-
naire. Doué de connaissances spéciales étendues, ayant au suprême
degré l'art de s'assimiler les idées d'autrui et croyant ensuite de très
bonne foi qu'il les a eues de lui-même, il croit peut-être trop que l'ac-
tivité peut suppléer à tout : il lui manque d'avoir fait les études solides
qui permettent de soutenir les attaques les plus fortes, il ne sait pas
fondre ensemble les idées qu'il a, et c'est réellement grand dommmage,
car il a des idées. Dans son premier volume de Recherches sur les ori-
gines de l'Egypte, il lui arrive de dire que plus on remonte vers les
temps lointains, plus on retrouve des idées religieuses pures '; dans le
second, il trouve que les idées qui font détruire les objets annoncent une
origine religieuse dénotant des idées philosophiques très avancées";
il suffira de citer ces deux phrases pour démontrer que l'auteur est abso-
lument en dehors des données de la science.

Il demeure donc bien entendu entre mes lecteurs et moi que rien,

L J. de Morgan, Recherches sur les origines de l'Égypte, I, p. 188, où les expressions
sont beaucoup plus fortes.
2. Voir plus haut et même ouvrage, II, p. 152.
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