Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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dos au moment où un pareil acte était regardé comme d'une audace
inouïe, puisque le culte égyptien était encore en pleine vigueur; d'un
autre côté, dès la première moitié du vu8 siècle les Arabes conquirent
cette partie de l'Égypte, et l'occasion ne devait plus se représenter où
les chrétiens seraient assez maîtres dans le pays pour tenter une pareille
spoliation. Enfin, si l'on se rappelle ce que j'ai dit dans le premier vo-
lume des récits qui se trouvent dans la vie de Moyse, si on rapproche des
faits que je viens d'énumérer les passages auxquels je fais allusion, l'on
sera sans doute persuadé que la spoliation eut pour chefs le moine Moyse
et ses principaux compagnons. Si l'on pouvait encore hésiter un seul
moment à croire cette spoliation le fait de Moyse, l'on admettra certai-
nement en tout cas qu'elle se produisit dans la période comprise entre
l'établissement du christianisme à Abydos et les vingt-cinq ans ou trente
ans qui suivirent l'arrivée des Arabes en Egypte.

Le lecteur trouvera peut-être que j'ai apporté à la démonstration que
je voulais faire bien de la minutie et il observera sans doute que j'en
avais eu beaucoup moins dans le premier volume de ce compte-rendu.
Il est vrai que la première année je n'avais pas cru bon de rapporter
tous les faits que j'avais observés au cours de mon travail, croyant
que, devant ceux que j'avais cru devoir donner, on ne douterait pas des
auteurs de la spoliation ; mais en présence d'affirmations contraires,
de systèmes uniquement fondés sur ce qui me semble faux, il m'a paru
que je devais, à ce que je crois la vérité, de rassember tous ces petits
faits qui, les uns ajoutés aux autres, forment un faisceau redoutable aux
hypothèses mal venues, présentées comme le dernier mot de la science.
Dès le mois de janvier 1897, je savais qu'il en serait ainsi, qu'on rejet-
terait mes découvertes à l'arrière-plan sous le prétexte que d'autres mo-
numents avaient été découverts, plus anciens que ceux mis au jour à
Om el-Ga'ab, sans qu'on eût de preuve de cette ancienneté plus grande,
ni de la classification que je crois imaginaire entre les tombes
dites préhistoriques et celles dites des conquérants égyptiens. Je me
mis alors silencieusement à noter tous les faits qui venaient à ma connais-
sance les uns après les autres, à les assembler, à les coordonner sans

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