Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

Seite: 46
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1902bd2/0063
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
46

LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

briques et mélangées avec elles se trouvaient de grosses pierres informes
dont quelques-unes pouvaient à peine être soulevées par plusieurs
hommes aux muscles vigoureux ; à dessein ou par hasard quelques-unes
de ces lourdes pierres, les plus lourdes de préférence avaient été jetées
ou étaient tombées dans certaines chambres et y avaient brisé un grand
nombre d'objets : on épargnait ainsi du temps. Ces murs et ces portes
bâtis dans l'intérieur du tombeau m'ont été très utiles, car je me suis
servi des matériaux utilisés antérieurement pour mener mon œuvre à
bonne fin : on voyait que mes ouvriers avaient de ce genre de travail
une grande habitude, et ils ne manquaient jamais de me dire en trouvant
un mur ou une porte : Roumani, c'est-à-dire les Grecs du Bas-Empire,
mot par lequel ils désignent les chrétiens ce cette époque. D'ailleurs
personne parmi eux, soit Copte, soit musulman, ne cherchait à com-
prendre pourquoi cette sauvage spoliation avait eu lieu : ils se bornaient
tous à la constatation de faits immédiats tombant sous leur perception.
Au fond, qu'est-ce que cela pouvait leur faire? Ils regrettaient cepen-
dant que tant et de si belles antiquités eussent été brisées, alors qu'il
eût été si simple de les laisser intactes où elles étaient et ils les auraient
trouvées en fouillant, les auraient vendues à des marchands contre de
belles et bonnes piastres !

Il n'y avait presque point de chambres où l'on n'eût bâti de ces murs
par assises froides, car les murs étaient souvent ébranlés, et où l'on n'eût
fait des portes dans les corridors afin de pouvoir fouiller tout à son aise.
Mais ce n'était point seulement sur les murs intérieurs et dans les baies
des corridors qu'on avait élevé ces barrages contre le sable, c'était bien
plus encore sur les murs extérieurs, nord, est et ouest. Au mur sud je
n'ai absolument rien trouvé, et ce m'est une nouvelle preuve que les
fouilleurs ont exactement suivi le même chemin que je devais suivre plus
tard. Au côté nord, le mur construit par les spoliateurs avait un mètre
de plus en hauteur et cela se comprend très bien, car les ouvriers em-
ployés au déblaiement des premières salles avaient à jeter hors du mo-
nument les décombres qu'ils enlevaient, et ces décombres ajoutés à
ceux qui existaient déjà devaient atteindre une assez grande hauteur;
loading ...