Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

La fouille fut-elle simultanée sur plusieurs points ou bien fut-elle
successive? Je serais assez porté à croire qu'on la fit d'abord porter en
même temps sur plusieurs points et qu'ensuite on abandonna cette
manière de travailler à cause des nombreuses difficultés qu'elle entraî-
nait. J'ai trouvé en effet au-dessus des premières chambres tout un en-
chevêtrement de murs certainement construits par les spoliateurs,
puisque les matériaux étaient différents de ceux des murs primitifs;
ces murs se coupaient presque à angle droit suivant les autres murs
antiques : tout à coup ils cessèrent et je n'en ai plus rencontré de sem-
blables. Cette particularité peut sans doute s'expliquer comme je l'ex-
plique, mais aussi elle peut recevoir une tout autre explication ; c'est
pourquoi je la donne pour ce qu'elle vaut. Ce qu'il y a de bien certain
c'est que ces murs transversaux s'appuyant sur les portes construites
dans les corridors cessèrent bientôt et que je ne les ai plus retrouvés.

Que les spoliateurs n'aient pas été conduits seulement par le fana-
tisme religieux, mais encore par le désir de s'emparer des objets pré-
cieux qu'ils pourraient rencontrer, c'est ce que prouve leur conduite en
un grand nombre de circonstances. Non seulement ils nettoyaient avec
autant de soin qu'ils le pouvaient faire les chambres qu'ils exploraient,
mais encore ils sondaient les murs et y creusaient de larges trous pour
s'assurer que le mur ne contenait aucun métal précieux qu'ils pourraient
convertir en lingots. En plusieurs endroits que j'indiquerai au cours de
ce compte-rendu des travaux exécutés par mes ouvriers, j'ai vu qu'ils ne
s'étaient pas encore contentés de sonder les murs, mais qu'ils avaient
brisé le pavé des chambres et y avaient creusé des tranchées sur plu-
sieurs mètres de longueur et sur un mètre de profondeur. La soif de
l'or et de l'argent peut seule expliquer de pareilles aberrations, caries
Egyptiens n'avaient pas coutume d'enterrer au-dessous du sol des tom-
bes les objets précieux qu'ils consacraient aux défunts qui avaient quitté
la vie avant les oblateurs. Les premières chambres du second monument,
à l'est, près de l'entrée, étaient presque entièrement saccagées de la
sorte et les fouilleurs avaient voulu avoir, comme on dit, le cœur net sur
cette question d'objets précieux à trouver dans le tombeau. Ils en furent
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