Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 49

sans doute pour leur travail. Leur conduite est très compréhensible
quand on sait que la recherche des trésors a été de tout temps une ma-
ladie endémique en Egypte et quand on connaît les histoires merveil-
leuses fidèlement transmises de père en fils que débitaient les Coptes
et qui nous ont été conservées jusque dans les vies de leurs plus illus-
tres moines,comme ce Daniel de Scété dans la vie duquel on raconte tout
au long l'histoire d'un carrier qui trouva un trésor en débitant sa pierre
— comprenez en fouillant les tombeaux qui lui servaient de carrière —
qui s'en alla tout droit à Gonstantinople où il acheta la charge de grand
vizir, qui se mit alors à faire tout le mal en son pouvoir et à molester
les humbles, qui perdit sa charge à la suite de révolutions où ses en-
nemis triomphèrent et qui revint en son village en Egypte où Daniel de
Scété le retrouva un beau jour. Aujourd'hui encore cette môme soif de
l'or et de l'argent brûle la poitrine des fellahs égyptiens et leurs oreil-
les ne sont pas assez grandes pour entendre de semblables histoires,
toutes les fois qu'on les leur veut débiter.

Toutefois, j'ai rencontré plusieurs fois des témoignages non équivo-
ques de lassitude ou de négligence dans la spoliation et c'est alors que
j'ai eu la chance de tpouver des objets intacts, ainsi que je l'ai déjà dit
plus haut. Si les spoliateurs avaient voulu se donner la peine de regar-
der sous les murs éboulés, ils auraient vu les vases qu'avaient recou-
vertsles éboulis etlesauraient brisés toutcomme ils brisaient les autres.
Heureusement qu'ils ne l'ont pas fait. Cependant ils semblent avoir
dédaigné de propos délibéré tous les objets en métal, c'est-à-dire en
cuivre rouge, qu'ils ont laissés en place et dont ils ne semblent avoir
détruit que quelques-uns, ainsi que je le dirai au cours du chapitre re-
latif aux objets trouvés. Pourquoi ce dédain ou cette insouciance? C'est
ce qu'il est impossible de savoir exactement : peut-être pourrait-on
croire que les objets en cuivre ne pouvaient pas être utilisables à cause
de leur peu d'épaisseur, et que par conséquent ils n'avaient aucun prix
aux yeux des spoliateurs : mais quelques-uns de ces vases avaient une
épaisseur assez grande pour qu'on les utilisât, en tout cas ils pouvaient
recevoir et contenir des grains et remplir parfaitement l'office de cor-

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