Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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d'ouest en est ou vice versa. Ils pouvaient être ainsi placés de deux
manières, ou reposer à plat sur la pièce de bois, mise du sud au nord
ou s'emboîter dans cette pièce de soutien, soit à simple mortaise, soit à
chevètre. Je n'ai pas trouvé un seul exemple que les pièces de bois
sur lesquelles s'appuyaient les chevrons aient reçu une simple mortaise,
à plus forte raison une chevètre : les dits chevrons reposaient simple-
ment à plat sur la pièce de bois transversale qui les soutenait. Les
constructeurs n'avaient pas senti le besoin de rendre leur construction
solide, quoiqu'ils connussent parfaitement l'art de mortaiser le bois,
de faire des tenons et des chevilles, puisque j'ai rencontré dans ce même
tombeau des caisses en bois qui étaient façonnées de manière tout au
moins solide. Ils n'ont pas eu grand tort puisque leur œuvre a duré plus
de huit mille ans, ce que n'ont pas fait les charpentes les plus solides.
J'aurai au cours de ce chapitre ou du suivant l'occasion d'expliquer
tout au long pourquoi je crois à cette longue durée, en cherchant si oui
ou non il y a eu restauration. Quant au sol du tombeau, il était égale-
ment en terre battue, assez bien nivelé et reposait sur un lit de sable
beaucoup plus foncé de couleur que le sable jaune trouvé dans les cham-
bres du tombeau ou à la surface. En un grand nombre d'endroits j'ai
pu le constater, car les ouvriers n'étaient pas toujours certains d'être
parvenus au sol du tombeau, mais ils s'apercevaient de suite qu'ils
avaient dépassé le fond quand ils trouvaient le sable. Il en était de même
pour les murs principaux de l'édifice : j'ai remarqué bien souvent qu'ils
étaient construits sur le sable, un sable de même couleur que celui dont
je viens de parler, très différent du sable ordinaire, ayant une couleur
se rapprochant du rouge, si bien qu'ils me semblaient suspendus en
l'air. Je me suis dit, tout d'abord, que ce pouvait être la mollasse de la
montagne qui s'était désagrégée et qui était peu à peu devenue du sable ;
mais outre qu'il y avait une consistance remarquable dans la mollasse
parée pour recevoir les murs du monument, cette couche de sable était
trop profonde pour n'être due qu'au désagrégement du grès de la mon-
tagne. Je sais très bien que les anciens Égyptiens avaient l'habitude aux
temps historiques de mettre une couche de sable rouge sous les murs
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