Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

de leurs temples, non en guise de fondation, mais par respect pour les
coutumes reçues de leurs pères dont les premières habitations avaient
été au désert : je me demande seulement si je me serais trouvé en pré-
sence de cette coutume rituelle dès cette époque, ou si simplement les
ouvriers qui avaient préparé la tombe dans la montagne n'avaient pas
creusé trop profondément et s'ils n'avaient pas dû remplir les vides en
quelques endroits avec du sable. Entre cette double hypothèse, je serais
assez naturellement porté à choisir la première, mais mon sentiment
n'est qu'une affaire purement personnelle.

Cette chambre 3 avait au-dessus des murs anciens reçu un autre mur
construit en grandes briques étrangères au travail de l'époque du mo-
nument, et j'ai pu à son occasion remarquer un fait qui démontrera bien
que de semblables murs sont dus aux spoliateurs. Ce mur ajouté n'allait
pas jusqu'à l'angle des murs primitifs, mais s'arrêtait au second chevron
de la toiture avant d'arriver à l'angle formé par les murs nord et ouest.
Or, si ce mur eût été l'œuvre, je ne dis pas des hommes qui construisi-
rent cet immense tombeau, mais de restaurateurs, il n'y a nul doute
qu'ils n'eussent pris soin de le commencer à l'angle même formé par
les deux murs nord et ouest, car il serait impossible de voir la raison
qui les aurait fait agir de la sorte, tandis qu'on la comprend très bien de
la part des spoliateurs. Ces derniers n'avaient besoin de former un mur
en retrait, comme était celui dont il est question, que pour arrêter l'en-
vahissement du sable et ce mur n'a été construit en retrait que pour
briser la poussée résultant de l'accumulation du |sable. Comme le sable
ne tombait pas d'un seul coup, on ne l'a construit qu'au fur et à mesure
des besoins : c'est ainsi que les fellahs s'y prennent toujours. Comme
le sable ne coulait pas à l'angle parce que sans doute on ne l'y jetait pas
en quantité suffisante d'abord et que ce ne fut qu'après la complète ex-
ploration de cette chambre qu'on n'eut plus aucune crainte de le jeter, on
n'éprouva pas le besoin de conduire le mur jusqu'à l'angle. Du côté
ouest, les premières chambres n'ont pas de mur construit de la sorte ;
c'est que la montagne était plus élevée de ce côté nord-ouest que du côté
sud-ouest, qu'elle servait ainsi de muraille elle-même et qu'on arrêtait
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