Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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épaisseur variant entre 2m,33 et 2 m,65, et que vis-à-vis la chambre 24, il
était percé de part en part.

Sous les murs en briques, ainsi que je l'ai déjà dit, étaient des murs
en pierre : ces murs étaient construits assez grossièrement, les pierres
mal équarries et à peine taillées s'assemblaient mal les unes avec les
autres, rendaient, surplombaient, et les interstices entre elles avaient
été remplis avec de la chaux. Le mur nord avait 3m,25 de long, le mur
est 5m,25, le mur sud 3m,18 et le mur ouest 5m,36. J'ai déjà dit que le mur
nord avait lm,78 de haut; j'ajouterai que la hauteur du mur sud était de
l'n,83. A cette hauteur si l'on ajoute les 2m,10 qui constituent la hauteur
du mur en terre et en briques est, l'on obtient une profondeur de 3m,93
pour cette chambre, profondeur qui à elle seule suffirait pour prouver
l'usage auquel cette chambre était destinée. Le pavé en était également
de pierres calcaires : les spoliateurs en avaient descellé quelques-unes
afin de se rendre compte s'il y avait, ou non, des trésors cachés par
dessous; j'en ai mesuré deux et je donne ici les mesures que j'ai trou-
vées : l'une avait lm,08 de longueur,- 0m,50 de largeur, et 0m,18 d'épais-
seur; l'autre lm,01 de long, 0'",55 de large et 0m,18 d'épaisseur. Les spo-
liateurs n'avaient eu garde de manquer une si belle occasion de sanctifier
un endroit si manifestement pollué par sa destination idolâtrique : sur
le mur en pierres sud, à un mètre environ du mur est, ils avaient tracé
au charbon une croix assez mal faite qui, à leurs yeux, suffisait pour
purifier et sanctifier un lieu consacré au culte des idoles.

Je n'ai rien à ajouter à cette description de la seconde partie du tom-
beau. Je ne peux cependant pas me dispenser d'expliquer ce que j'en-
tends par la restauration dont j'ai si souvent parlé au cours de cette
description et je demande au lecteur la permission de lui citer les pages
que j'ai consacrées à cette question dans la brochure publiée sur les
fouilles de la seconde année : « Il faut donc admettre que la construc^-
tion n'était pas homogène et qu'elle avait été faite à l'époque où les
hommes habitués à construire leurs maisons en terre battue commen-
çaient déjà d'employer la brique, car il n'est pas vraisemblable que ces
mêmes hommes, connaissant par une expérience suffisante les avantages
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