Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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mauvaises, de manière à loger l'une des extrémités des soliveaux dans
le mur nouveau, pendant que l'autre était appuyée sur le mur ancien bâti
en terre. Il n'y avait donc pas à le nier : à une époque donnée, inconnue
peut-être, on avait senti le besoin de restaurer un monument qui n'était
plus en bon état, et on l'avait fait à la manière égyptienne en se conten-
tant de faire grossièrement les grosses réparations, sans prendre aucun
soin de faire concorder les nouveaux matériaux avec les anciens, sans
même juger utile d'emplojrer des matériaux homogènes, car non seule-
ment on avait mélangé les deux types de briques, mais encore les
pierres avec les briques par dessus la terre battue.

« S'il y avait eu ainsi restauration, et il me semble impossible de le
nier, ne pourrait-on point parvenir à savoir quand aurait eu lieu cette
restauration ? On peut à la connaître, tout au moins parvenir avec une
assez grande vraisemblance, car nous possédons un texte curieux qui
vraisemblablement se rapporte à ce monument et que je demande la
permission de rappeler en quelques mots. Dans la grande inscription
dédicatoire du temple de Séti Ier à Abydos, composée en l'honneur de
Ramsès II, il est raconté que ce puissant Pharaon, dans un voyage qu'il
fit à la ville sainte d'Osiris, avait trouvé les tombes anciennes dans le
plus triste état : il avait fait rassembler tous les officiers dans les attri-
butions desquels rentrait le soin de ces tombes et leur avait enjoint de
restaurer ces tombeaux. L'inscription ajoute qu'il en fut ainsi. D'ordi-
naire on entend par tombes anciennes, les tombeaux des rois formant
les deux premières dynasties; mais cette explication ne peut être que
probable, pour la bonne raison qu'on n'a pas encore trouvé les tombes
royales de ces deux premières dynasties, à moins que l'on n'admette
comme l'ont fait certains de mes confrères, surtout en Angleterre, que
j'ai eu la bonne fortune de trouver ces tombeaux, et en ce cas les paroles
de Ramsès II, s'appliqueraient aux tombes que j'ai découvertes et la
restauration serait prouvée. Mais je ne crois pas avoir trouvé les tombes
royales des deux premières dynasties, et ma principale raison pour ne
le pas croire, c'est que j'ai trouvé des bannières royales, pour employer
l'expression ordinaire, en trop grand nombre pour qu'elles puissent
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