Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

Seite: 126
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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

s'appliquer avec certitude aux souverains de ces deux dynasties initiales,
et il me semble que je n'ai aucune raison pour abandonner aujourd'hui
l'hypothèse que j'ai énoncée l'année dernière dans ma première bro-
chure sur les Nouvelles fouilles d'Abydos. On peut tout aussi bien expli-
quer les paroles employées par le scribe rédacteur de l'inscription dédi-
catoire dans le sens de dynasties antérieures aux dynasties historiques,
car la tradition classique nous parle de ces dynasties et jusqu'ici, si rien
ne prouve que ce soient elles qui ont été enterrées à Om el-Ga'ab,
rien n'est venu prouver que ce ne sont pas elles. A plus forte raison
l'expression employée peut-elle s'appliquer à ces anciennes dynasties
dont les historiens nous ont seulement mentionné l'existence, sans
prendre soin de nous donner les noms des rois qui les avaient compo-
sées. Ce qu'il y a de certain, c'est que les tombes que j'ai explorées pen-
dant l'hiver 1895-1896 n'avaient en aucune façon été restaurées, car il
n'y a aucune trace de travaux postérieurs, et j'ajoute que, vu la consti-
tution de ces tombes, elles n'en avaient aucun besoin. Et cependant
Ramsès II assure dans son inscription avoir fait restaurer les demeures
des générations passées; s'il les a fait restaurer, c'est qu'elles en avaient
besoin, et si elles en avaient besoin, c'est que leur construction
n'avait pas été assez solide, soit par insuffisance des matériaux em-
ployés, soit par suite du mauvais état de la toiture. Or, les deux causes
existaient pour le monument que j'ai fouillé et examiné : les matériaux
employés à savoir la terre battue et les briques grossièrement et pri-
mitivement faites, avaient cédé et le monument en entier avait reçu une
toiture en bois. Pour ces deux raisons donc, il est très possible que le
monument mis au jour cette année soit celui dont il est question dans
l'inscription dédicatoire. Il ne faudrait pas que l'expression vague dont
s'est servi le scribe fût une objection contre l'application de ce texte au
monument que j'ai fouillé, car, ainsi que je le dirai par la suite, je n'ai
trouvé que deux squelettes dans la seconde partie du monument. On
sait en effet que les Égyptiens, comme tous les peuples orientaux,
aimaient les expressions vagues et hyperboliques. D'ailleurs, à la
prendre au pied de la lettre, cette expression peut parfaitement s'appli-
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