Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES EOUILLES D'ABYDOS

Ramsès II. A cela on peut objecter que cette manière de couvrir n'était
plus en usage à l'époque de Ramsès II ; mais on peut répondre que le
restaurateur fut obligé de se conformer au plan primitif du monument,
car autrement ce n'aurait pas été une restauration, mais bien une cons-
truction. En admettant donc que les soliveaux soient de l'époque de
Ramsès II, on a tout le temps pour qu'une semblable pièce de bois
puisse à peu près tomber en poussière, car en datant le règne de Ram-
sès II, du xiv° siècle avant notre ère, on a près de trente quatre siècles
pour consommer leur ruine, temps bien suffisant. D'ailleurs si l'on te-
nait à ce que ces soliveaux fussent plus anciens, je n'y contredirais point :
ce que je tiens à prouver, c'est que les soliveaux datant ou non de
l'époque primitive—cetteépoque neremonteraitpas àmoins desoixante-
quinze siècles dans l'hypothèse qui m'est le plus favorable, chiffre su-
périeur à celui qui est nécessaire — le restaurateur s'en tint à ce qui
existait avant lui et n'innova point. Pour un prince qui construisait des
temples entiers en beau calcaire, rien n'était plus facile que de cons-
truire un monument en pierres, calcaire, grés ou même granit, à la mé-
moire des pères de ses pères, comme il l'a dit lui-même. Il ne l'a pas fait.
C'est donc qu'il a respecté le monumeni primitif. Ce que je dis ici de
Ramsès II s'appliquerait aussi bien à tout autre Pharaon qui serait l'au-
teur de cette restauration. Si je me suis ainsi étendu sur ce sujet, c'est
à cause de l'importance du monument et aussi des conclusions que je
m'efforcerai bientôt d'en tirer1. »

A ces considérations doivent être ajoutées quelques observations.

Depuis que les paroles précédentes ont été écrites, certains faits sont
venus préciser et l'époque et les matériaux de cette immense construc-
tion. Tout d'abord, M. Schweinfuhrt, dans une visite qu'il me fit à
Abydos, attira mon attention sur les fragments et les morceaux de bois
rencontrés au cours de mes fouilles. 11 me fit voir notamment que, dans
tous les objets en bois recueillis en ce monument, il n'y avait pas trace
de sycomore, mais que la disposition des fibres ligneuses était celle

I. E. Aniéliucau : Les nouvelles fouilles d'Abydos, 1896-1897, Paris, Leroux, p. 16-21.
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