Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

Seite: 155
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1902bd2/0172
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

155

soutient donc pas un seul moment l'examen. La seconde voudrait voir
en ces morceaux de pierres des monstres, si je puis ainsi appliquer ce
mot de théâtre à des objets qui ne sont guère semblables, dans lesquels
on aurait ensuite taillé le vase que l'on voulait faire. Je dois dire que
cette hypothèse paraît beaucoup plus plausible que la première ; mais à
l'examen des doutes viennent et de ces doutes on passe à la certitude
qu'il n'en a pas été ainsi. En effet, ces objets ne peuvent pas avoir servi
pour faire des vases, parce que d'abord les cylindres sont trop peu
larges pour avoir pu faire même les vases grossiers ordinaires, puis-
qu'en conservant une épaisseur correspondant à la hauteur on n'a pas
assez d'ouverture. De plus, et ceci regarde les calottes sphériques,
pourquoi aurait-on taillé à facettes le fond du vase qu'on aurait ensuite
dû polir, ce qui paraîtra un travail complètement inutile, la nécessité
du polissage étant admise. Je ne crois donc pas, pour ma part, que cette
seconde hypothèse soit plus solide que la première. Quant à dire à quoi
servaient ces pierres et pourquoi elles avaient été déposées dans le tom-
beau, c'est ce dont je ne me chargerai pas. Tout au plus puis-je penser
à part moi que ces pierres à peine dégrossies et sommairement taillées
avaient pu servir de fétiches, ce qui rendrait compte de leur présence
dans les chambres de cette première partie du monument.

Le vase en cuivre a été trouvé à peu près dans le milieu de la
chambre, à 0,n,86 du mur ouest, 0m,36 du mur sud etOra,40 du mur nord.
Il était debout au milieu du sable et des débris de vases. 11 était intact
seulement rentré, sur un côté, peut-être par suite de l'éboulement des
murs. Il avait une anse collée sur l'un des rebords. Il était rempli d'une
matière qui semblait saturée de graisse ou d'un corps gras quelconque.
On devait l'avoir considéré comme très précieux, car il avait été entouré
de toile qu'on apercevait encore sur les côtés, malgré l'oxydation pro-
duite par les siècles. Ce vase par sa matière, sa forme et son extrême
rareté est l'un des objets les plus précieux qu'ont produits les fouilles
de ce monument : il décèle une très grande habileté dans le travail du
cuivre. On le trouvera sur la planche XVII, au numéro 16; mais comme
en de pareils cas on ne saurait donner de toutes les parties une repré-
loading ...