Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

ruine presque complète. Aussi m'attendais-je à trouver de nombreux
fragments d'objets lorsque j'en entrepris l'exploration. Je trouvai ces
objets pour la chambre 29 ; mais dans le corridor 6 le travail était achevé
sans que l'on eût absolument rien rencontré, quoiqu'on eût sondé
les murs éboulés afin d'arriver jusqu'à la partie crépie. J'étais occupé
à prendre les diverses mesures de ce corridor et j'avais dit aux ouvriers
qui l'avaient déblayé de passer à la chambre suivante, lorsqu'en vou-
lant s'aider de ses mains pour sortir du corridor, un de mes ouvriers
plaça la main au dessus du mur nord de la chambre 29 et sentit que sur
ce mur il y avait du métal. Il regarda et souleva tout un gros tas
d'objets oxydés et collés les uns aux autres : ces objets remplirent toute
une corbeille. Je les comptai avec patience : il y en avait 1.220. Après
les avoir comptés, je les examinai à la hâte et je vis qu'ils pouvaient se
diviser en instruments de travail et en d'autres objets dont je ne pou-
vais arriver à connaître l'usage. D'abord il y avait des aiguilles au
nombre de 172, des ciseaux, des couteaux, des poinçons, et ce que je
pris pour des pincettes, des haches, des lamelles toutes préparées pour
l'usage qu'on en pourrait faire. Ces lamelles étaient ou grandes ou
petites, avec ou sans trous percés. Je crus aussi que parmi ces objets,
il y en avait un bon nombre représentant des figures géométriques1.
Je me suis trompé, je l'avoue sans fausse honte, et je vais indiquer
comment à la suite d'études prolongées je suis parvenu à croire qu'il
s'agit de tout autre chose. Les aiguilles, les couteaux, les ciseaux et les
poinçons sont bien tels, et en cela j'ai dit la vérité; mais il n'y a ni pin-
cettes, ni figures géométriques, ni haches, et j'ai trouvé l'emploi des
lamelles de cuivre soit percées, soit non percées. Les pincettes, ainsi
que le lecteur le verra par la représentation qui en est ici donnée (voir
pl. XVIII, en haut, le numéro 1) n'ont pas les bouts propres à saisir les
objets, ces bouts sont aussi larges que dans le corps de l'instrument :
je crois que ce sont des morceaux de métal employés pour resserrer un
objet en bois : ils ont conservé la forme qu'avait occasionnée cet usage,

' 1. E, Amélineau, Les nouvelles fouilles d'Ahydos, 1890-1897, E, Leroux, p. 37-38.
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