Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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quand le bois n'est pas resté. J'ai trouvé pendant la troisième campagne
des objets entiers préservés de cette façon, ce qui rend à peu près
certaine l'attribution que je fais de ces objets. J'avais été amené à voir
dans tout ce numéro des haches votives à cause de la forme de
ces objets qui ressemblaient assez aux vraies haches que j'avais trou-
vées précédemment et je les avais déclarées votives parce qu'il était
trop évident qu'elles ne pouvaient avoir servi à cause de leur trop peu
d'épaisseur. Les objets à formes géométriques ont, je crois, une origine
qui se lie de très près à celle des fausses haches. Tous ces objets faisaient
partie d'une cuirasse en cuivre telle que celle que portent sur les bas-
reliefs certains dieux, entre autres Amon et Horus. Les plaques de métal
sont en effet arrondies comme dans la cuirasse classique et l'on ne voit
pas comment elles pouvaient être maintenues sur le corps qu'elles pro-
tégeaient, car elles sont en quelque sorte imbriquées. Rien ne paraît
des attaches. Je crois, pour ma part, que ]es lamelles percées et non
percées servaient à maintenir les plaques de cuivre ressemblant aux
écailles de poisson sur le corps protégé. Et de la sorte on se rend très
bien compte comment certaines de ces plaques ont dû être recourbées
en certains endroits pour pouvoir être placées dans la cuirasse, notam-
ment sous les bras lorsqu'elles étaient en bordure, et c'est là l'origine
des formes géométriques : le métal s'est disjoint à l'endroit de la cour-
bure repliée sur la plaque en forme d'écaillé et c'est ce bris qui a donné
les diverses formes de fragments que j'ai pris comme géométriques.
Ainsi tout s'explique, et nous avons ici le plus ancien modèle connu
d'arme défensive. Que les rois de cette époque aient pu porter de
pareilles cuirasses, c'est ce qui ne surprendra personne : le peu d'épais-
seur des plaques de cuivre était pusl que suffisant pour briser les
pointes de flèches en ivoire ou en silex dont j'ai trouvé de si nombreux
exemples dans les autres tombes de la nécropole d'Om el-Ga'ab, car on
est tenté de penser de ces flèches ce que dit Virgile du trait de Priam :
telum imbelle, sine ictu; c'est pourquoi on avait soin d'empoisonner les
pointes de flèches pour en rendre l'effet plus meurtrier. Il serait curieux
de pouvoir assurer à qui appartenait cette cuirasse primitive, malheu-
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