Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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mon vêtement, comme je faisais souvent pour les objets précieux que
je rencontrais et que je ne voulais pas laisser au tas du jour. Dans l'un
des nombreux sauts que je fus obligé de faire en ce jour, le couteau
glissa à terre sans que je m'en aperçusse : un ouvrier le trouva et le
donna à l'un des surveillants qui le mit tranquillement dans la manche
de son habit, tout près de moi, et plus tard alla le déposer dans le sable
en un certain endroit qu'il marqua pour se le rappeler. Le soir venu, je
cherchai tout tranquillement, mais en vain, mon silex et le lendemain
je dis aux hommes que je donnerais un bon bagschisch à celui qui me
le rapporterait. Tous me promirent de bien regarder et de mériter le
bagschisch, mais les jours s'écoulèrent et mon silex ne reparut point.
Cependant un des petits enfants que j'employais avait vu le surveillant
aller cacher le silex dans le sable; il en avertit un autre surveillant qui
ne m'en souffla mot. Au bout de huit jours, je fus averti de ce qui s'était
passé, et je me dis que sans nul doute je ne reverrais jamais mon silex.
Le coupable eut peut-être connaissance de ce qui s'était passé entre
les hommes : un soir, il m'apporta de lui-même le silex, au moment où
j'étais occupé à écrire mon journal, me disant qu'on l'avait trouvé à
l'endroit même où je montais sur mon ânesse. Je parus accepter l'ex-
plication, quoique du premier coup la fausseté m'en eût sauté aux yeux :
je le remerciai, mais en moi-même je me promis de ne plus employer
un pareil voleur l'année suivante, et c'est ce que j'ai fait.

Parmi les objets trouvés dans cette chambre était un curieux morceau
de bracelet en une matière que j'ignore. D'après la courbure, c'était en-
viron le quart du bracelet entier. Il était évidé en dedans, et à chaque
extrémité il y avait deux trous, un sur chaque bord, et un troisième au
milieu ; ces trous avaient été remplis de métal, et celui du milieu devait
servir à rattacher cette partie au quart suivant. Je vis ainsi que le métal
des bords avait été une cheville qui servait je ne sais à quoi, à moins
que ce ne fût un simple ornement. Je n'ai pu connaître à quel objet
appartenait le second morceau d'ivoire mentionné.

Près du mur sud et de l'entrée de la chambre 18 était un grand et
haut vase en cuivre, le plus haut que l'on connaisse, puisqu'il a 0m,66
de hauteur. Le mur sud de la chambre en s'étalant, ainsi que la partie
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