Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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du pied de fauteuil en ivoire montre bien qu'il devait y avoir un certain
nombre de pièces en cette matière que je n'ai pas retrouvées ; cepen-
dant on pourrait croire avec assez de raison que ce pied en ivoire, brûlé
et fragmentaire, peut aussi bien provenir d'une autre tombe où l'on aura
mis le feu, car nulle part dans le monument dont il s'agit je n'ai ren-
contré la plus petite trace d'incendie.

C'est dans la partie immédiatement supérieure aux murs de cette
chambre qu'ont été retrouvés un très grand nombre d'objets en grès
émaillé. Ce n'est qu'à Abydos, dans la nécropole d'Om-el-Ga'ab qu'on
a retrouvé de semblables objets faits en semblable matière à une époque
aussi reculée. Le lecteur en trouvera des spécimens à la planche XX.
Ces objets entiers ou fragmentaires étaient placés dans une sorte de
couche de débris qui semblait avoir été formée par des criblures jetées
de côté : peut-être les spoliateurs ont-ils trouvé en cet endroit des
métaux précieux et en ont-ils ramassé jusqu'aux moindres fragments,
laissant et jetant ce qui n'avait aucun intérêt pour eux. Quand j'eus vu
que cette couche se continuait assez épaisse sur une assez grande lon-
gueur, je fis apporterun crible et je recueillis les moindres objets.
Je trouvai ainsi d'assez nombreuses petites perles en terre émaillée et
en cornaline, un certain nombre de petits cubes rectangulaires et
d'autres menus objets sur lesquels je reviendrai dans le chapitre sui-
vant. La présence répétée de feuilles d'or en ce tombeau et celle d'une
feuille d'argent montre bien en effet que les métaux précieux devaient
être connus et employés à cette époque.

D'un autre côté, les cornes de gazelle, les ossements d'animaux
trouvés précédemment, ainsi que les noix de palmier doum, les frag-
ments de nattes, les petits objets en sparterie, le sarment de vigne in-
diquent à leur tour qu'on avait choisi ces objets de luxe pour ce temps
reculé soit comme nourriture à donner aux défunts, soit comme sup-
ports de ces mets funéraires. Je ne crois pas que les objets que je viens
de nommer fussent amoncelés dans la chambre funéraire ; mais je croi-
rais plutôt qu'ils provenaient des chambres voisines soit de l'ouest, soit
de l'est, où j'ai rencontré des caisses en bois sans aucun objet. Ces
chambres, le lecteur le sait déjà, étaient ruinées en très grande partie,
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