Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

Seite: 202
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1902bd2/0219
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
202

LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

ai fait ensabler au milieu des décombres, après les avoir préalablement
mis dans un tel état que les indigènes ne pussent être tentés de re-
venir les désensabler pour les offrir aux voyageurs. Il y en eut environ
400 qui furent ainsi traités, si bien que je crois pouvoir porter à un
millier environ le nombre de ces vases grossièrement faits.

Je vais maintenant m'expliquer sur cette épithète que j'accole à ces
vases. Je ne veux aucunement dire que la matière n'en soit pas belle,
car le lecteur en examinant les deux planches verra facilement que je
dépasserais la mesure en le disant : je veux simplement entendre que
les ouvriers qui les ont faits en auraient pu tirer un parti bien meilleur
et que la plupart de ces vases sont simplement votifs. En effet, on s'est
simplement préoccupé de donner à ces vases l'apparence extérieure
des vases employés journellement dans les maisons riches de l'époque,
et encore le plus souvent n'est-ce qu'une lointaine apparence, sans
songer le moins du monde à ce que l'intérieur du vase répondît à son
extérieur. La plupart d'entre eux en effet n'ont reçu qu'un commence-
ment de creusement et sont pleins, sauf à la surface. L'offrande qu'on y
aurait mise n'aurait été que d'un tout petit volume, si petit que je suis
persuadé qu'ils ont été simplement votifs et que jamais on n'a pensé à
les utiliser pour y déposer des offrandes. J'ai une autre raison de leur
appliquer l'épithète de grossière., c'est que leur forme est si gauche, si
lourde qu'évidemment ils n'ont pas reçu, même à l'extérieur, le polissage
nécessaire pour en constituer des vases élégants d'aspect. Le lecteur
n'a qu'à se donner la peine d'examiner les deux planches à ce point de
vue, et il sera aussitôt frappé de la vérité de l'observation que je fais,
et cela malgré la beauté de la matière employée, comme dans la rangée
supérieure de la planche II. Cependant quelques-uns de ces vases
accusent une certaine recherche dans la forme et un certain sentiment
de la beauté des lignes, par exemple le numéro 3 de la planche I, le
numéro 4, le numéro 13, le numéro 16, le numéro 17 de la même plan-
che1 ; mais, pour ce dernier, l'ouvrier qui le fît n'avait certainement pas
le sentiment des proportions car le vase est trop trapu ; un peu plus de

i. Une fois pour toutes, je numérote les objets des planches eu partant du bas et de
gauche à droite pour chaque rangée.
loading ...