Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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haut du mur ouest d'une des chambres vers la fin de la seconde partie,
à savoir la chambre 25 : cette pierre est quelque peu grasse au tou-
cher, elle absorbe quelque peu l'humidité, mais non autant que le schiste
ardoisier. Je ne dois pas oublier le numéro 9 qui est en calcite. J'ai
trouvé au cours des fouilles pendant cet hiver 1896-1897, un très grand
nombre de tout petits morceaux de cette matière et j'en ai rapporté
une centaine environ : chaque jour les fouilleurs en trouvaient un, deux,
quelquefois dix et plus. On aurait peut-être pu les prendre pour du
cristal de roche peu transparent; mais la cassure était fort différente de
la cassure du cristal de roche, car elle était verticale et seulement ver-
ticale, tandis que le cristal de roche se casse en tous les sens. Je sus
depuis que c'était de la calcite. Chose très curieuse, je n'ai guère ren-
contré de calcite que dans ce monument : à peine si j'en ai rencontré
deux ou trois fragments dans la grande colline sous laquelle était le
tombeau d'Osiris. Mais ces petits morceaux ne sont nullement compa-
rables à ce que devait être ce disque 9 lorsqu'il était intact. Je le trou-
vai aussi en des jours divers et en des endroits fort différents et j'ai pu
en réunir vingt morceaux, mais le disque est incomplet : il y manque
une partie du centre et une partie latérale, quoique la circonférence
soit complète. Je n'avais jamais vu de semblable pierre presque
transparente et je me demandais d'où elle pouvait provenir, car je
n'avais jamais ouï parler de carrières en Egypte pouvant fournir des
pierres lui ressemblant. Personne ne put me donner le plus petit ren-
seignement à ce sujet, ni en Egypte, ni en Europe. Ce n'a été que le
8 février 1898 que par hasard j'ai connu la provenance de la calcite.
Je fis un jour une excursion dans le désert libyque en compagnie de
mon ami, M. A. Lemoine, et de deux autres voyageurs auxquels j'avais
donné l'hospitalité, et j'avais choisi la route qui va d'Abydos à l'oasis
d'El-Khargeh,afin de voir si, comme on l'avait dit, on trouvait à la des-
cente de la montagne vers la plaine d'Abydos un atelier où l'on avait
taillé le silex. Gomme notre petite caravane achevait l'ascension de la
montagne, je vis sur le sol un fragment blanc qui me parut du cristal de
roche; je me le fis montrer et je m'aperçus aussitôt que c'était de la
calcite : plus loin il y en avait des fragments considérables que mes
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