Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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dans la partie inférieure, comme dans la partie supérieure, sans qu'on
y voie encore la plus légère trace d'un instrument quelconque. Les cir-
conférences de ces tables laissent toutes fort à désirer, et cela pour les
mômes motifs que j'ai énoncés plus haut à propos des disques : peut-
être cette irrégularité est-elle encore plus choquante dans celles-là que
dans ceux-ci, car on se trouve en face de ce qui semblerait avoir exigé
un travail plus soigné et l'on est tout déçu en voyant que le travail a les
mêmes défauts d'irrégularité que les grands disques dont il a été ques-
tion. Cette irrégularité se retrouve aussi bien dans les tables de cal-
caire ordinaire, très facile à tailler, que dans les pierres d'onyx d'une
très grande dureté, preuve qu'elle est bien inhérente à l'ouvrier qui
n'avait pas encore en mains les instruments nécessaires pour faire une
œuvre régulière. Toutes ces tables étaient exactement polies dessous
comme dessus, mais c'est surtout dans le dessous que je dois signaler
d'étranges défaillances.

Jl semblerait au premier abord que les pieds de ces tables soient
exactement situés au milieu : il n'en est pas un seul qui le soit exac-
tement. Ce pied, comme le lecteur pourra le voir à peu près sur
les phototypies, malgré la déformation des objets résultant de leur po-
sition au moment où on les a photographiés, commençait comme il de-
vait commencer pour donner une chose agréable à l'œil, par un léger
renflement de la pierre, puis il allait en s'amincissant pour redevenir
ensuite plus grand à l'extrémité, si bien que la ligne ainsi décrite était
agréable à l'œil. Ce pied ainsi formé devait alors être évidé. L'évide-
ment n'était pas uniforme et dépendait en grande partie de la hauteur
du pied : or, cette hauteur varie pour chaque table. Elle est de 0»\10
pour le numéro 10 de la planche III, mais elle n'est que de 0m,06, 0m,07,
etc., pour d'autres. On pourrait croire que la circonférence de cet évi-
dement circulaire était en rapport avec la hauteur du pied : il n'en est
absolument rien. Cette circonférence de l'évidement est aussi irrégu-
lière dans son genre que celle de la table qui reposait sur le pied ou
que celle des disques examinés dans le paragraphe précédent. Un simple
coup d'œil jeté sur le numéro 10 de la planche III suffira pour s'en con-
vaincre : le cercle intérieur est tout à fait irrégulier. Et cependant l'es-
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