Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LKS NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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païence. Ce vase trouvé intact était rempli de sable ; la matière avait
tellement été imprégnée par l'humidité du sol que le vase, à peine fut-il
mis au jour, se brisa de lui-même : je lis recueillir les plus petits frag-
ments et je les emballai ensemble, avec soin. C'est ainsi qu'on a pu re-
constituer ce beau vase qui ne comprend pas moins de 52 fragments.
Aucun de ces vases n'a été poli en dedans : on a creusé le dedans, quel
que soit le moyen employé, et l'on peut voir encore sur certains les ves-
tiges de Tinstrument employé. Cet instrument était tournant, je peux
le dire avec certitude, car sur les côtés intérieurs du grand vase, on voit
encore les cercles concentriques tracés par l'outil. Mais il est évident
aussi qu'on a dû employer d'autres outils, car on aperçoit près du col du
grand vase, à l'intérieur, des traces d'outil qui ne peuvent pas être des
traces de forage par la tarière, à moins que ce ne soient des éclate-
tements produits par la mèche en des endroits un peu moins durs. Il
faut donc croire qu'on s'est servi d'autres outils, d'un ciseau par exemple.
Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on a dû faire le rebord du vase avec un
autre instrument qu'une tarière, afin de l'arrondir et de le polir. La
chose est palpable pour la cordelette où l'on a entaillé de petites stries,
qui n'ont pu être faites que par un instrument en métal très menu et
l'incision a dû être faite des deux côlés de l'entaille, le dernier coup
faisant sauter le morceau. Ce premier point éclairci, comment a été fait
l'intérieur? Y a-t-on fait plusieurs trous circulaires avec une tarière de
petite dimension, ne laissant entre chacun d'eux qu'une très petite cloi-
son qu'on aurait fait ensuite sauter au ciseau ? o u bien s'est-on servi de
grandes et larges mèches qui n'auraient pas eu moins de 0m,19 de dia-
mètre? Contre la première manière, il y a d'abord à objecter qu'on ne
voit pas trace de l'attache de ces cloisons aux parois des vases, ce que
l'on verrait sans doute, puisque les vases n'ont pas été polis en de-
dans et que l'éclatement au ciseau laisse des vestiges tout autres que
l'enlèvement de la pierre à la tarière; de plus, le lecteur se souviendra
que le dedans du vase va sans cesse en diminuant de diamètre jusqu'à
la base, ce qui semblera sans doute prohiber l'emploi des petits cercles
avec cloisons.

Contre la seconde manière on peut objecter qu'il aurait fallu un assez
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