Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

Seite: 246
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1902bd2/0263
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
246

LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

commence aussitôt le renflement de la panse laquelle atteint de suite
son plus haut point pour descendre graduellement vers la base qui a
0m,098 de large. On voit ainsi que cette largeur est juste le dixième de
la hauteur totale, et ce rapport n'est pas fait pour faire douter du coup
d'œil de l'ouvrier qui fit cette jarre. Elle est creusée à environ 0ra,05 du
fond extérieur. Gomment l'ouvrier s'y prit-il pour forer une aussi
grande profondeur? C'est ce qu'il n'est pas facile de dire, surtout quand
on veut faire attention que certaines parties les plus élevées sont aussi
les plus larges. La tarière est nettement indiquée pour ce travail, et une
très grande tarière pouvant atteindre jusqu'à 0m,93 de profondeur. Il est
facile de comprendre, s'il en est ainsi, que l'axe du vase n'ait pu être
maintenu dans la ligne perpendiculaire tombant du centre de l'ouver-
ture au centre de l'assiette et que par conséquent les parois du vase
n'aient pas une épaisseur uniforme, ni môme égale à la même hauteur.
Il ne faut pas demander l'impossible à la civilisation industrielle de ces
temps reculés. Il faut bien plutôt admirer l'art étonnant dont ont fait
preuve ces antiques ouvriers dont la patience n'avait d'égale que l'ha-
bileté.

X. Vases ouvragés.
Le nombre des vases ouvragés rencontrés dans la campagne 1896-
1897 est beaucoup moins grand que celui des vases de la même sorte
rencontrés la première année et que le lecteur trouvera dans les plan-
ches du rapport sur les travaux de l'hiver 1895-1896. Mais ici la qualité
supplée à la quantité, car j'ai l'inestimable avantage d'en posséder un
que j'ai retrouvé intact et un autre qui, bien qu'il ne soit pas complet,
a pu être restauré en très grande partie. Un troisième aurait pu être
restauré si j'avais rencontré quelque morceau du fond ; malheureuse-
ment je n'en ai rencontré aucun fragment et c'est bien regrettable, car
outre que le vase porte une inscription, il est dans ce qui nous reste d'une
très grande élégance. Ces sortes de vases que j'appelle ouvragés parce
qu'ils ont dû demander beaucoup de travail et beaucoup de soin pour
achever soit leur forme soit leur décoration, ne sont pas en très grand
nombre. M. Fl. Pétrie ne me semble pas en avoir trouvé plus d'un, si
l'on excepte les vases ayant la forme d'animaux, lesquels sont au nombre
loading ...