Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

rectilignes sur une longueur de 0m,080 environ, puis s'arrondissant de
part et d'autre pour former le tranchant du quatrième côté. La distance
entre le milieu du tranchant et le milieu du dos, c'est-à-dire la largeur
maxima de la hache est de 0'",085. L'épaisseur moyenne de la hache est
de 0m,004 à 0"',005 environ, assez uniforme, sauf le tranchant, qui s'amin-
cit au centre jusque vers 0m, 001, dans son état actuel sans doute émoussé.

« Ce qui caractérise surtout cette hache plate, c'est son mode d'emman-
chement. En effet, elle est percée, au milieu de sa hauteur, à une distance
de 0"',025 du dos et de 0m,050 du tranchant, par un large trou rond, d'un
diamètre égal à 0m,010. Ce trou servait évidemment à fixer la hache
au manche solide, au moyen d'une forte cheville enfoncée dans le trou.

« J'observerai encore que la forme de cette hache répond à celle de cer-
taines haches primitives et préhistoriques, trouvées en divers endroits
d'Europe et d'Asie, et constituées soit par du bronze, soit par du cuivre
pur.

« A cet égard, sa composition est caractéristique de l'âge du cuivre
égyptien, c'est-à-dire d'une époque où le bronze, plus dur etplusrésistant
que le cuivre, n'était pas encore employé dans la fabrication des armes.

« Parmi les autres objets trouvés dans le même tombeau, il en est qui
sont également caractéristiques à cet égard et fort intérssants par leur
mode de fabrication : ce sont des aiguilles et un ciseau, dont la desti-
nation exigeait l'emploi du métal le plus dur qui fût connu à ces loin-
taines époques.

« Quatre aiguilles et objets de cet ordre figurent dans l'envoi de M. de
Morgan.

« III. Je citerai d'abord une grosse aiguille cylindrique, longue de
0m,080, épaisse de 0m,002. Cette aiguille est formée par du cuivre à peu
près pur. Le chas, aujourd'hui obturé par l'oxydation, est en forme de
losange. Le corps de l'aiguille même porte du haut en bas la trace d'une
longue fente, à peu près verticale, visible d'un seul côté. Cette disposi-
tion est très intéressante, car elle montre que l'aiguille a été fabriquée
au moyen d'une lamelle étroite de métal.

« L'ouvrier a d'abord aplati au marteau un morceau de métal, obtenu
par la fusion du minerai, de façon à constituer une feuille épaisse de
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