Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

ment parlant), sans étain ; mais il est couvert de vert-de-gris et d'une
série de points ou granules saillants, composés par du protoxyde de
cuivre, résultant de l'altération du métal ; aussi l'objet est-il devenu
fragile, en raison de cette désagrégation.

« La tranche du métal, examinée sur une fracture fraîche, décèle le
procédé de fabrication. L'ouvrier a pris une lame de cuivre épaisse de
0m,001 environ et de la longueur convenable, il y a tracé deux sillons
parallèles distants de 0m,004, sur la longueur destinée à former l'outil.
A droite et à gauche de ces sillons, il a coupé la lame parallèlement, à
une distance de 0m,002 du sillon ; puis il a rabattu les deux côtés sur
la portion centrale, jusqu'à ce qu'ils se fussent rejoints de façon à cons-
tituer un barreau ou tige quadrangulaire des dimensions signalées plus
haut, peut-être a-t-il ensuite brasé la jonction. En tout cas, on en aper-
çoit parfaitement la trace rectiligne et parallèle à l'axe du barreau, sur la
partie centrale de l'une des deux larges faces de ce barreau, à l'exclu-
sion des trois autres faces. Cette ligne subsiste sur toute sa longueur;
mais en se recourbant sous forme d'hélice de façon à passer sur la face
étroite adjacente, jusque vers le point où l'on arrive au biseau, point
auquel se produit une légère déviation, ce biseau étant constitué par la
réunion des lames, aplaties l'une sur l'autre pour former le tranchant.

« En somme, ce ciseau a été fabriqué par le même procédé que l'ai-
guille décrite précédemment : la réduction du métal en lames minces.
Le travail de celles-ci était sans doute plus facile que la fabrication di-
recte d'une barre massive, pour les ouvriers de cette époque.

« V. Cependant, un procédé de fabrication un peu différent, quoique
toujours fondé sur l'emploi des lames minces de cuivre, nous est révélé
par l'examen d!un autre objet, de même origine, que j'ai trouvé parmi
ceux qui m'ont été remis et dont la composition est aussi celle du cuivre
industriellement pur. Cet objet a la forme d'une aiguille canaliculée,
longue de 0m,055, d'un diamètre de 0m,001. Il est constitué par une lame
étroite et très mince, tordue en spirale, formant plusieurs tours sur sa
longueur. Sa disposition rappelle la fabrication des canons de fusil ru-
banés et celle du tube hélical, en acier fondu laminé à froid, employé
aujourd'hui dans la fabrication des cadres de certaines bicyclettes,
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