Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ÀBYUOS

on voit quatre petites rainures qui s'arrêtent avant d'avoir atteint le bord
de la table et qui commençaient on ne sait où, car la partie correspon-
dante n'existe pas. J'ai trouvé quatre ou cinq de ces sortes de tables :
toutes elles sont incomplètes. Je ne peux dire avec précision et assu-
rance à quoi servaient ces tables, mais peut-être ne m'éloignerai-je pas
trop de la vérité en disant que sans doute elle faisaient partie d'une
sorte de jeu, et le cas ne serait pas nouveau. A côté de cette table, à
droite et à gauche, sont ce que je considère comme des fragments de
sceptre : celui de droite est formé de trois fragments qui se sont ajoutés
les uns aux autres, mais la partie supérieure est absente. Le pied du
sceptre est creux et divisé en deux parties par une cloison. Ces
sceptres sont de l'émail le plus doux. Dans l'autre quart de la planche
comprenant la représentation des objets en grès émaillé, il y a
d'abord une sorte de sceptre aussi, mais de sceptre creux, émaiilé à
l'intérieur comme à l'extérieur : l'objet est d'une épaisseur corres-
pondant à la hauteur qu'il devait avoir, mais cette hauteur, personne
ne peut la conjecturer. A droite de ce quart de planche est un second
sceptre de circonférence presque aussi grande que le précédent,
mais plein. Il présente une particularité curieuse, car, en certains en-
droits encore assez fréquents qu'on distingue très bien sur la photo-
graphie, il y a des taches de forme à peu près ronde et qu'on m'a dites
provenir de ce qu'on appelle actuellement le jaspage. Je n'aurai pas
la simplicité de me prononcer sur cette question sur laquelle je suis
complètement ignorant. Ce que je dois faire ressortir, c'est la connais-
sance qu'avaient les ouvriers de celte lointaine époque de l'art de
l'émailleur et c'est aussi le profit qu'ils en ont tiré. Dans les fouilles de
l'hiver 1897-1808, j'ai retrouvé d'autres objets semblables, mais intacts
cette fois et d'importance artistique beaucoup plus grande. Je ne dois
pas oublier en finissant ce paragraphe que, dans la couche supérieure
de sable qui recouvrait la seconde partie du monument, on trouva le
petit oiseau en terre émaillée qui est représenté au numéro 14 de la
planche XVIII. Il ressemble à l'un de ceux que M. Pétrie a trouvés
à Toukh \ L'émail a été quelque peu décoloré par un long séjour dans

1. Naqâda and Éditas, by Fl, Pétrie and J. E. Quibcll, pl. LX, u° 19.
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