Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES Û'ABYDOS

et qui me parait être autant une œuvre de l'homme qu'une œuvre de la
nature. J'y parvins après beaucoup de difficultés, car la pente est très
raide et la hauteur est peut-être de 30 mètres; et, sur ce contrefort qui
d'en bas semble se terminer en pointe et qui en réalité se termine en
une sorte de plateau qui a plus de dix mètres de large, je trouvai une
pierre calcaire dans laquelle je ne fus pas peu surpris de voir un silex
ayant presque exactement la forme d'un de ces grands couteaux que
j avais trouvés dans le tombeau qui m'occupe. J'en pris bonne note aus-
sitôt et je pus comprendre que la nature avait beaucoup aidé les ouvriers
dans la facture de ces instruments si extraordinaires. Plus tard, ayant eu
l'occasion de mener un visiteur sur ce contrefort, je voulus lui montrer
cette pierre, et je ne pus la retrouver. Depuis je l'ai retrouvée et qui-
conque voudra faire comme j'ai fait, pourra la retrouver aussi.

XVI. Poteries.

Les poteries trouvées dans la seconde partie du monument dont je
décris les mobiliers divers, le lecteur se le rappellera, ont été excessi-
vement nombreuses, puisque certaines chambres en étaient complète-
ment remplies; malheureusement presque toutes étaient brisées. Tout
ce que j'ai pu en sauver est représenté sur la planche XXIV, où il y en
14. Le lecteur verra en examinant cette planche que des grands vases
de la rangée inférieure la moitié est brisée : ce bris a eu lieu pendant
le transport et il est facile de comprendre qu'il en soit ainsi, car il n'y
a pas eu moins de quatorze transbordements avant d'arriver à Paris et
l'on ne peut trouver que très difficilement à Abydos du matériel d'em-
ballage; dès lors il est facile de comprendre que des objets aussi fra-
giles que ces poteries ne résistent pas à tous les accidents du voyage,
malgré les précautions prises. Les vases qui sont représentés sur celte
planche ne formaient que la moitié de ceux qui ont été trouvés : les
autres étaient la part du musée de Gizeh. Ils sont restés à Abydos dans
une des chambres de la maison que j'occupais, car l'administration du
musée de Gizeh pendant cet hiver 1896-1897 n'a pas eu assez de mépris
pour cette vile matière. On a préféré ne pas s'en embarrasser, afin de
ne pas être obligé de jeter le tout dans le Nil, ainsi qu'on s'était exprimé
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