Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

assiette, comme si le vase eût été posé sur un support. Au-dessus de
la pointe, le vase dont il s'agit a quatre sillons fortement accusés dans la
terre; plus haut on voit l'apparence de lignes circulaires à peine indi-
quées; les sillons suivent au nombre de onze et le haut de la panse
comprend des lignes circulaires plus accusées que les premières. La
dernière est plus élevée que la partie du vase qui sert pour ainsi dire
de couvercle, qui monte légèrement vers le col, sur laquelle sont atta-
chées d'une part les parties inférieures des deux anses, pendant que les
parties supérieures sont attachées au col. Ce col contient lui môme cinq
sillons. Tous ceux qui ont vu ce vase ont pris les lignes circulaires et
les sillons comme une preuve péremptoire que le vase avait été fabriqué
au tour. Il me semble que ce n'est pas une preuve absolue; car si les
sillons étaient cette preuve péremptoire, on ne verrait pas comment les
lignes circulaires ne le seraient pas aussi, et, si les lignes circulaires
l'étaient, il faudrait avouer que le potier ne prenait pas beaucoup de
terre pour ne pouvoir faire en un circuit du tour que l'épaisseur de
ces lignes, lorsqu'au contraire les sillons accusent un emploi de terre
beaucoup plus grand puisqu'il auraitlaissé une trace plus considérable.
Je suis bien plutôt porté à croire que lignes et sillons ont été regardés
par le potier comme une décoration d'un genre particulier qu'il a em-
ployée pour ce vase, et le fait d'avoir rencontré ce vase dans le tombeau
dont il s'agit, au fond d'une chambre, alors que je n'ai pas trouvé un
seul autre objet pouvant être attribué à l'époque romaine, me semble
militer pour une époque bien antérieure à celle qu'on assigne d'ordi-
naire à cette forme de vases. La présence des deux oreilles ne doit pas
étonner et faire renoncer à une haute époque, car j'ai trouvé à El-'Amrah
des vases ayant ces deux oreilles parfaitement caractérisées et qui ne
peuvent pas être attribués à une époque aussi basse que l'époque ro-
maine. Que si l'on veut m'objecter qu'on a trouvé de semblables vases
dans des monuments de basse, et même très basse époque, je répondrai
que certaines formes des vases d'Om el-Ga'ab et d'El-'Amrah sont en-
core en usage aujourd'hui chez nous, que c'est simplement une preuve
de la vitalité de ces formes et qu'il ne faut pas s'étonner que la forme que
j'ai décrite ait subsisté jusqu'à l'époque romaine, car un type une fois
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