Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES b'ABYDOS

28a

l'orifice du vase à boucher, comme nous mettons une rondelle de liège
dans l'orifice de nos bocaux, mais plus épais; d'autres au contraire
avaient la forme d'un trapèze en partie double, de chaque côté du vase
que le bouchon recouvrait.

De très rares spécimens de ces bouchons ont été trouvés intacts ;
presque tous étaient brisés en un grand nombre de morceaux qu'on a
trouvés pêle-mêle avec les poteries ou les vases en pierre et les graines
de céréales dans les chambres qui les contenaient. Le bouchon conique
était intact; les bouchons en argile noire étaient fragmentaires et en
très petit nombre, si je dois en juger par les fragments que j'ai trouvés;
ceux en argile grisâtre étaient un peu mieux conservés et quelques-uns
d'entre eux étaient intacts. Les bouchons en terre sablonneuse non
mélangée d'autres matières étaient tous réduits en fragments de plus
ou moins petites dimensions. Il est fort compréhensible qu'il en ait été
ainsi, car la terre s'effritait d'elle-même et rien n'était plus facile que de
les briser et même de les réduire en miettes.

Tous ces bouchons, ou à peu près tous, portaient une estampille gra-
vée sur la terre au moyen d'une planchette portant l'estampille gravée
en creux. Sauf un très petit nombre de cas, cette estampille était la.
même, quoique la même planchette n'ait pu servir pour les grands et les
petits bouchons. Quelquefois la planchette a laissé une inscription très
apparente, bien venue; mais le plus souvent, c'est à peine si l'on peut
voir les signes de la planchette imprimés dans la terre. Au fond on a dû
se presser plus que de raison pour estampiller tous ces vases, et c'est à
cette cause qu'il faut attribuer ce fait, à savoir que, malgré le nombre
considérable de fragments trouvés, c'est à grand'peine qu'on a pu
réunir une vingtaine de fragments utilisables pour la science. Quoi
qu'il en soit de leur nombre, ces fragments sont d'un prix inestimable
pour l'attribution du tombeau à tel ou tel personnage, et en général
pour la connaissance de l'époque reculée qui nous est ainsi en partie
révélée. Ce n'est pas ici le lieu de voir ce que contiennent et disent ces
inscriptions : je les étudierai autant qu'il me sera possible de le faire,
dans le chapitre suivant, dans lequel j'établirai à qui l'on doit, selon
moi, attribuer le tombeau en question,
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