Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

XYI1I. Objets en bois.

Quand on trouve dans un tombeau des caisses en bois capables dé
contenir une quarantaine d'hectolitres de céréales, on est bien forcé
d'admettre que les constructeurs de ce tombeau connaissaient le travail
du bois. J'ai trouvé des caisses au nombre d'environ une vingtaine :
malheureusement tout était en si mauvais état que rien n'en a pu être
conservé. Il en est de même des chevrons qui supportaient la toiture
des chambres de l'immense tombe.

Pour faire ces caisses et ces chevrons, il avait d'abord fallu équarrir
les pièces de bois que l'on voulait employer, puis les scier à la longueur
voulue, assembler les morceaux destinés à faire les caisses, et pour
cela faire des tenons et des mortaises, des chevilles, placer le couvercle
qui recouvrait ces caisses, et pour toutes ces opérations il était abso-
lument nécessaire d'avoir des outils en métal. Nous avons vu que les
hommes de cette époque possédaient un certain nombre d'outils en
métal, sans que nous les connaissions tous ; par conséquent ils pouvaient
travailler le bois comme ils travaillaient la pierre. Que si l'on voulait
dire que les différentes parties de ce tombeau et les divers mobiliers
qui remplissaient les chambres ont été achevées ou apportés après
coup, je répondrais simplement que ce n'est pas et ce n'a jamais été
l'habitude des hommes de préparer une tombe pour y déposer le
cadavre et l'orner après coup de tout ce qui est nécessaire ou simple-
ment profitable au défunt. Les idées que les Egyptiens se faisaient de
la niort et de la seconde vie après cette mort sont contradictoires à cette
manière de prendre et d'expliquer les faits : dès sa déposition dans la
tombe, le mort avait besoin d'être fourni de tout ce qui lui était néces-
saire ou simplement agréable, et ce n'est pas après plusieurs généra-
tions écoulées que l'idée vint aux descendants de ce mort de lui rendre
le culte funéraire et de lui porter, avec une abondance telle que je l'ai
exposée, les mobiliers et les provisions de toute sorte destinés à lui
faire la seconde vie charmante et à lui fournir tout ce qui peut empêcher
une seconde mort. Quand on raisonne on ne saurait raisonner avec trop
de fermeté, et quand le raisonnement est fait avec la fermeté nécessaire,
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