Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

Seite: 288
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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

n'ai nul besoin de le répéter ici : il me suffira de dire que celte particu-
larité de la forme ajoutée à l'abondance de la matière employée ne con-
tredit aucunement l'antiquité extrême que je leur accorde. Cependant
je dois ici faire une observation : je suis bien loin de dire que tous ces
objets sont de la même époque, je dirai même de la même année et du
même jour afin de mieux préciser ma pensée ; je suis même si éloigné
de cette pensée que je n'hésite aucunement à reconnaître que certains
de ces objets sont postérieurs à d'autres, même qu'on peut les attribuer
aux dynasties historiques, comme la première et la seconde ; mais je
ne serais pas porté à descendre plus bas dans l'échelle de l'histoire.
J'ai des raisons pour penser ainsi. Le culte des ancêtres a été rendu
aux deux morts déposés dans ce tombeau, et, quoique j'aie observé cer-
tains détails dontje parlerai au chapitre suivant et qui tendent à me
faire croire que ce culte n'a pas duré trop longtemps, l'on à dû pendant
l'exercice de ce culte faire les offrandes ordinaires que l'on faisait aux
morts au nom de la famille comme au nom de l'État égyptien, s'il m'est
permis d'employer déjà celle appellation. Une conduite contraire de la
part de la génération contemporaine et des générations suivantes serait
incompréhensible en Egypte, tout comme elle l'aurait été dans la Chine
ancienne et le serait encore dans la Chine moderne.

Ainsi; je ne fais nulle difficulté d'admettre que, dans le si volumineux
mobilier qui remplissait le tombeau immense que j'étudie, il y eut plu-
sieurs couches successives d'apports. L'inspection seule des inscriptions
suffirait d'ailleurs à le prouver. Mais je ne crois pas pouvoir faire des-
cendre cette époque plus bas que les deux premières dynasties. J'étudie-
rai plus loin toutes ces inscriptions en particulier, et je ne me contente-
rai pas d'un examen hâtif, superficiel, pour porter un jugement aspirant
à l'universalité et voulant être définitif. Cette manière de faire n'est pas
dans mes habitudes et je discuterai sérieusement des choses sérieuses.

Ce que je liens à faire observer dès ce moment, c'est que je regarde
la plupart des objets trouvé comme antérieurs à la période historique
et que je n'attribue à l'époque historiquement connue par les noms de
rois qu'une très petite parlie dans l'ameublement du tombeau. Ceci
dit, je clos ce chapitre qui est déjà trop long.
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