Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

I. Inscription postérieure découverte au cours des fouilles.

Le 6 février 1897, en déblayant les décombres qui recouvraient la partie
supérieure des chambres extrêmes du second tombeau, on découvrit une
pierre portant quelques signes d'inscription. C'est en face de la chambre
cotée 22 sur le plan de cette seconde partie, sur le mur ouest de l'étroit
corridor qui longeait ces chambres, par conséquent sur le mur est de la
grande chambre sépulcrale qui terminait cette partie du tombeau, que
cette pierre a été trouvée. Le lecteur se rappellera que ce mur était dans
le plus triste état, et que les spoliateurs, pour arriver à l'achèvement de
l'œuvre qu'ils avaient entreprise, avaient construit sur le mur de terre
battue un mur en briques et pierres. C'est parmi ces pierres évidemment
apportées d'ailleurs, puisque le tombeau lui-même n'en contenait pas, à
l'exception de celles de la chambre sépulcrale dont il a déjà été question
plus haut, que fut rencontrée la pierre dont je vais brièvement m'occuper
ici. C'était une pierre de très mauvais calcaire à gros grains, tel qu'on en
peut trouver en certains endroits de la montagne d'Abydos; elle était à
peine équarrie et la taille ne prévenait aucunement en faveur de l'ouvrier.
Elle portait à la partie supérieure et à la partie inférieure deux lignes pa-
rallèles, entre lesquelles on avait gravé l'inscription suivante mutilée au
commencement et à la fin : Bill ® ^ <=fS' WÊM- Et c'est tout. Ces
signes suffisent cependant pour nous faire reconnaître une partie du pro-
tocole des rois égyptiens, tel qu'on le rencontre des milliers de fois gravé
sur les monuments, à Abydos comme ailleurs. A Abydos en particulier,
on le rencontre des centaines et des centaines de fois descendant du haut
en bas des colonnes ou en faisant le tour. Les signes dont il s'agit s'y
trouvent faisant également partie du protocole de Séti I°r et de celui
de Ramsès II. Ils signifient : « le maître de l'arme recourbée (qu'on ap-
pelle khopesch), celui qui frappe... » On peut retrouver ce protocole au
cours de tout l'empire égyptien. Les hiéroglyphes sont assez mal faits
et ressemblent à ceux d'une époque complètement historique; cepen-
dant en examinant soigneusement certains détails des signes, et notam-
du <.-^3 (la main), on pourrait trouver que l'ouvrier a donné à ces signes
un aspect légèrement archaïque : le pouce de la main a une courbure
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