Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

je ne puis admettre : M. Wiedemann, auquel j'ai eu le plaisir de commu-
niquer cette inscription, en a rendu compte dans les Proceedings1 de la
société anglaise d'Archéologie biblique; peut-être s'est-il un peu trop
aventuré en disant que le titre grand voyant, qui est le titre du grand
prêtre de Râ à Héliopolis, n'apparaît pas avant la quatrième dynastie,
car, si ce titre ne s'est pas encore montré avant cette époque, il ne s'en
suit pas nécessairement qu'on ne puisse le rencontrer avant le règne de
Khéops. Au contraire, le fait qu'on le trouve déjà sous la IV0 dynas-
tie laisse supposer qu'on pouvait le trouver auparavant, à moins
d'avoir la preuve que l'inscription de la IVe dynastie a été gravée aussitôt
après la collation de ce titre pour la première fois, ce qui n'est pas.
Au contraire le genre d'idées dans lequel se range ce titre donne lieu
de conclure qu'il n'était pas nouveau à la IV0 dynastie, car il rappelle des
idées fétichistes qui ne devaient pas être nouvelles en Egypte. L'examen
du troisième titre que j'ai rendu par qerheb en chef des deux Dieux nous
reporte également en plein dans le fétichisme, car le qerheb en chef n'est
autre que le grand féticheur qui prétendait savoir les formules pour
écarter tous les dangers en cette vie et pour faire revivre une partie de
l'être humain après la mort; de là son rôle prépondérant dans les céré-
monies des funérailles. Ce sont les hommes de cette sorte qui les pre-
miers ont cru, et pour cause, à la survivance d'un être que nous appelons
le double, d'où la croyance à l'immortalité de l'âme. Ils étaient attachés
à la personne d'un souverain tout d'abord, car je ne crois pas qu'avant
une époque pleinement historique on trouve mention de ces person-
nages autrement que dans la suite du roi, ce que signifie d'ailleurs la
dernière partie de ce titre : en chef. Ici le nom du personnage, ou des
personnages, auxquels était attaché le grand féticheur est rendu par un
signe gravé deux fois et qui signifie : Dieu, de sorte qu'il faut traduire
par les deux Dieux. C'est ainsi q'on a toujours traduit ; au singulier, ce
signe signifie le Dieu, au pluriel les Dieux et au duel il doit signifier
les deux Dieux. Il est employé des milliers de fois avec ce sens dans les
textes des pyramides. On pourrait, car on l'a déjà fait, traduire ce double

1, Proceedings of the Bihlical Archaeologys Society, vol. XX, p. 120,
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