Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

signeparle double Dieu, mais alors il faudrait que ce titre de double Dieu
fût suivi du nom propre ainsi désigné, comme dans les exemples fournis
par les stèles que j'ai trouvées dans la première année de fouilles, car
le roi Merbapen de la Iro dynastie est qualifié de double Dieu en tant
que roi régnant sur la Haute et sur la Basse Égypte, ce qui n'est pas le
cas ici. D'où je suis autorisé à traduire, comme je l'ai fait, par le grand
féticheur des deux Dieux. Ce n'est pas encore le lieu d'indiquer ici quels
sont ces deux Dieux, c'est-à-dire ces deux morts illustres, ces deux
rois qui se sont acquittés de la vie et qui sont allés dormir dans le grand
tombeau que j'ai ouvert pendant l'hiver 1896-1897.

Après ces inscriptions non royales, il me faut m'occuper de celles qui
sont indubitablement royales. Ces inscriptions sont au nombre de
quatre. La première ne contient que les deux signes c'est-à-
dire vautour de la Haute-Égyple, Urœus de la Basse Égypte, et le nom
royal est absent parce que l'inscription est fruste. La seconde fut
trouvée sur un vase en schiste ardoisier ayant la forme d'une assiette :
l'assiette était brisée et le fragment qui a été reconstitué à la planche
XIX, n° 4, est lui-même un composé de trois fragments réunis. Le nom
de double du roi se trouve en tête écrit avec l'épervier sur la figure de la
maison dans laquelle est écrit le nom lui-même. Sous cette figure de la
maison sont deux signes dont le premier estfruste, mais qui, je le crois,
est le signe ^ régularisé plus tard, lequel est suivi du signe <^>. Der-
rière ce nom de double on voit un personnage, le roi lui-même, succinc-
tement représenté, coiffé de la couronne blanche, tenant un bâton de
la main gauche et une massue de la main droite, vêtu du pagne à queue
d'animal. Derrière lui se voit le derrière du lion, suivi du trait;
puis un autre signe qui a disparu. Comme le lecteur s'en aperce-
vra peut-être, ce nom est l'un de ceux que j'avais trouvés la première
année : il a été lu Azabou ; le premier signe peut être lu ad, mais la
lecture ab ne saurait convenir au second, parce que ce n'est pas ainsi
qu'on écrit le cœur o. Jusqu'à un certain point on pouvait se mé-
prendre sur ce signe après la publication qu'en a faite M. Jéquier 1 et

1. J. do Morgan : Recherches sur les origines de L'Egypte. Ethnographie préhistorique
et tombeau royal de Négadah, p. 241, fig. 810.
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