Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 2) — Paris, 1902

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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même d'après le monument que j'ai publié dans le compte-rendu de la
première année, mais aujourd'hui cela me semble impossible. Si l'hié-
roglyphe représentait le cœur avec ses deux oreillettes, il n'y aurait que
deux traits dans la partie supérieure, et ces deux traits qui séparent les
artères seraient réunis par une ligne, de môme que les deux qui sont
censées limiter les deux oreillettes ; or, il y en a trois en haut et dans
aucun des trois cas les lignes ne sont réunies. Il faut donc chercher autre
chose. Ce fragment fut trouvé le 2 février dans la chambre 37, c'est-à-
dire la dernière de la première partie : il était placé sur le sol et faisait
par conséquent partie du mobilier de cette chambre, car c'est l'une de
celles où j'ai trouvé le mobilier presque complet. Commentée fragment
se trouvait-il en cet endroit? Quelle que soit l'attribution du tom-
beau, comme on ne peut penser un seul instant que le roi y était enterré
on ne peut expliquer la présence de ce nom de double royal en cette
chambre que par un acte de culte funéraire rempli par le roi Ad...

Le second de ces noms royaux fut trouvé sur un fragment de cristal
de roche le 2 janvier 1897, sous les décombres de la partie supérieure
aux chambres. Ce nom de double a déjà été publié par M. Jéquier1,
mais le lecteur qui prendra la peine d'examiner le numéro 6 de la
planche XIX, saisira de suite la différence entre le dessin de M. Jé-
quier et le monument lui-même. Par une coïncidence curieuse, ce nom
semble être identique à celui qui occupe la première place parmi les
noms qui ont été gravés sur l'épaule droite de la statue n° 1 du musée
de Gizèh. C'est une réponse topique à une objection qui m'avait été
faite, à savoir qu'il ne fallait pas comparer deux monuments d'origine
diverse, parce que le faire des écoles était différent; or, rien n'apprend
l'origine de la statue n° 1 du musée de Gizèh, puisqu'elle est entrée au
musée on ne sait comment, que rien n'indique le lieu où elle a été
trouvée; et de plus, voilà que le premier des noms royaux qu'elle con-
tient s'est retrouvé à Abydos, dans la couche supérieure de sable accu-
mulé au-dessus des chambres du tombeau. C'est vraiment jouer de
malheur. Maintenant quel est ce roi dont le nom a été retrouvé si ino-
pinément? Je laisse à de plus habiles que moi le soin de le déterminer.

1. J. de Morgan, op. cit., p. 253, fig. 851.

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