Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 5

disent les indigènes d'Egypte. Ce n'est qu'au cours de ma quatrième
campagne, pendant l'hiver 1898-1899, que j'ai pu obtenir un renseigne-
ment présentant quelque garantie de certitude, car j'ai en effet pour
principe de refaire une autre année des questions auxquelles on n'avait
pas pu ou voulu répondre l'année précédente : cette manière de faire
m'a été très utile, car les indigènes ne divulguent leurs exploits que
lorsqu'ils sont assurés que le silence ne leur sera plus d'aucune utilité.
Ayant entendu dire au cours de l'hiver dernier (1898-1899) par un
homme qui m'avait donné des preuves de sa sincérité et de sa véracité,
que jadis Mariette avait fait exécuter des fouilles à Om el-Ga'ab et les
avait fait interrompre parce qu'on ne trouvait que des débris, je deman-
dai au vieux 'Abd er-Rabou si le fait était vrai : Il me répondit : « C'est
vrai ». Je lui reprochai aussitôt son mutisme pendant les trois pre-
mières années à cet égard, car cela n'avait aucune importance pour lui;
il me répondit : « Tu ne me l'as jamais demandé ou je n'ai jamais voulu
te le dire. — Pourquoi? — Parce que tu pouvais laisser quelque
partie inachevée. » Je ne pus rien en tirer de plus. Non content d'avoir
obtenu ces renseignements, je demandai au moufattisch, c'est-à-dire à
l'inspecteur d'Abydos, s'il avait jamais entendu parler de la chose ; il
me répondit affirmativement et il me cita son autorité; c'était le fils du
reis de Mariette qui le lui avait affirmé et il me dit ne l'avoir appris que
pendant ma dernière absence. Si la chose est exacte, il faut supposer
que les fouilles ne s'opérèrent pas sous les yeux mêmes du fondateur
du Musée de Boulaq, mais sous ceux des fouilleurs indigènes enrôlés à
son service et qui dissipèrent une quantité immense de monuments
utiles à la science, ne recherchant que les stèles et autres monuments
écrits, rejetant tous les objets qui n'avaient pas de valeur marchande
proprement dite, quoiqu'ils pussent avoir une très grande valeur his-
torique. Ce fut là le plus grand défaut des fouilles dirigées par les
indigènes, mais Mariette qui fut le créateur des fouilles gouverne-
mentales en Egypte devait se soumettre aux nécessités du commen-
cement. Il est moins facile d'admettre que ses successeurs immé-
diats aient dû suivre les mêmes errements. Cependant quelques
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