Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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26 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

En ce premier jour mes ouvriers avancèrent de dix mètres vers le
centre de la butte.

Journée du 27 Novembre.

Cette seconde journée n'apporta pas de grandes modifications à la
précédente : les ouvriers n'avancèrent que de huit mètres, ce qui paraît
moins que le travail de la ville, mais ce qui en réalité représente une
somme de travail plus grande, car on était arrivé à une hauteur déjà
considérable, puisque la butte avait de quatre à cinq mètres de hauteur.
Et non seulement cette hauteur doit faire envisager le travail comme
plus considérable; mais, pour les porteurs aussi, la difficulté à vaincre
était beaucoup plus grande que la veille, puisqu'ils étaient obligés
d'aller jeter le contenu de leurs corbeilles plus loin à mesure que les
fouilleurs s'éloignaient du point initial, et que de plus la hauteur des
décombres enlevés atteignait déjà de deux à trois mètres qu'il fallait es-
calader.

Les objets rencontrés en cette seconde journée sont plus nombreux
que ceux rencontrés la veille, car à mesure qu'on avançait, plus on
trouvait d'objets ayant une valeur historique; malheureusement ils
étaient tous dans l'état le plus lamentable et il était facile de voir qu'ils
avaient été mis dans cet état de propos délibéré. Tous ces objets se
trouvaient dans les diverses couches de sable, entremêlées aux pote-
ries; ces poteries avaient été brisées pour l'immense majorité, cepen-
dant on retrouva quelques exemplaires presque ou complètement in-
tacts, soit ce jour, soit les jours suivants :

1° D'abord on trouva une vingtaine de pots assez grossiers d'appa-
rence, de facture rude, de couleur rougeâtre : la plupart étaient vides,
mais six étaient remplis de feuilles d'arbustes mélangées au sable. J'ai
fait recueillir précieusement ces feuilles. Quelques autres renfermaient
du sable et tout au fond des cendres avec quelques morceaux de char-
bon. Un très grand nombre de pots semblables avaient eu le fond brisé
et, à mesure qu'on avançait le déblaiement, ils laissaient échapper les
cendres et le charbon dont ils avaient jadis été remplis. Le charbon
finit par être assez abondant pour que je le fisse ramasser afin de l'em-
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